Retour de Jazz Sous les Pommiers (Coutances, mai 2015)

Un pharaon (avec un petit p et au petit pied) sénile et décadent ?

Ce devait être la fête. Coutances, petite ville de la Manche mais dotée d’une immense Cathédrale – où il fait froid, les spectateur(e)s en témoignent – et d’un festival non moins immense, médaille de bronze des festivals de jazz en France, accueillaient l’une des dernières grandes légendes du jazz, avec Sonny Rollins, Ornette Coleman, Pharoah Sanders. Compagnon de John Coltrane, ce natif de Little Rock, âgé aujourd’hui de 75 ans, avait commencé sa carrière dans les orchestres de Rhythm & Blues pour s’engager dans l’Arkhestra de Sun Ra. C’est là, à Chicago, qu’il avait reçu du chef de cette secte son surnom, « Pharoah ». Il terminera dans les bras de Coltrane, groupe dans lequel il jouera le rôle de trublion, d’empêcheur de swinguer en rond pour forcer le leader à aller, encore et toujours, plus loin. Continuer la lecture

Rappel, rendez-vous mercredi 22 avril 2015

Bonjour,

Je vous rappelle que avons rendez-vous le mercredi 22 avril à 18h pour une présentation de JSP, Jazz Sous les Pommiers, qui cette années commencera le vendredi 8 mai – un jour férié – et se terminera le samedi 16 mai. De quoi parcourir une partie des jazz (et de quelques autres musiques comme dans beaucoup de festivals désormais).
Comme tous les ans, je donnerai une conférence vendredi 15 mai à 15h30 aux Unelles, salle de conférence avec comme thème les 70 ans de la Libération de Paris et l’arrivée du bebop en France en même temps que celui qui allait devenir une grande vedette de la variété française, Sidney Bechet. Avec ce dernier, « on » avait déjà cassé l’Olympia… Malheureusement, ça ne sera pas la dernière fois…

Voir aussi l’article sur ce même site sur JSP. Pour commencer…

Au Café Mancel d’abord ce mercredi à 18 heures comme d’habitude.

Nicolas.

La légende de 74 ans sera Pharoah Sanders, né à Little Rock et qui a commencé comme saxophoniste dans les orchestres de R n’ B pour rejoindre Sun Ra qui lui donnera son surnom « Pharoah » et ensuite participer aux dernières envolées de John Coltrane. Carrière de leader de groupes ensuite dont un album avec Kenny Garrett, saxo alto lui aussi présent à JSP…

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Deux festivals de jazz

JAZZ
Le printemps est là !

« Banlieues bleues » à peine terminé en ce début du mois d’avril – un festival qui a tenu quelques-unes de ses promesses – que s’ouvre « europa djazz », ex festival du Mans. Depuis quelques temps déjà, il prend ses aises sur presque toute l’année en multipliant les initiatives surtout en direction des collégiens et des lycéens et en organisant concerts, conférences. Se prépare aussi « Jazz sous les Pommiers » à Coutances, qui suit une voie semblable. Ces deux festivals de nos printemps – le premier fête sa 36e année, l’autre sa 34e – se sont imposés comme des lieux incontournables pour les musicien(ne)s d’aujourd’hui. Ils réussissent un tour de force : présenter à la fois des figures connues, quelque fois des légendes comme Pharoah Sanders qui se produira à Coutances le vendredi 15 mai, ou des inconnu(e)s qu’il faut découvrir.
Les organisateurs, toujours sur le fil du rasoir de la baisse des subventions publiques malgré leur notoriété, sont obligés à la réussite. Il faut attirer du public pour justifier des crédits publics. Curieuse société que la nôtre qui oblige au succès ! Malgré cette épée de Damoclès, ils continuent de programmer des artistes jeunes qui ont besoin de ce coup de pouce. Les résidences servent aussi à permettre à un(e) musicien(ne) de créer une performance. Ce sera le cas à Coutances. Airelle Besson, trompettiste, présentera son travail de l’année. Le jazz fait ainsi la preuve de sa vitalité. De jeunes musicien(ne)s se tournent vers cette musique sans que, paradoxalement, le public ne rajeunisse…
« Europa djazz » a invité Vincent Peirani et Emile Parisien pour un « régional tour » (jusqu’au 10 avril) pour mettre en bouche avant les « Rendez-vous du printemps », une sorte de sacre, avec des Nuits – de la salsa, du jazz manouche, des fanfares – et un final, du 6 au 9 mai dans la belle Abbaye de l’Epau – fondée en 1229 par la Reine Bérangère de Navarre – qui verra Matthieu Donarier et Sébastien Boisseau pour un duo saxophone/contrebasse, la saxophoniste Alexandra Grimal, Louis Sclavis, Dominique Pifarély – un violoniste sensuel et actuel -, Airelle Besson, Paolo Fresu et beaucoup d’autres…
Coutances, localité de la Manche avec sa cathédrale en guise de promontoire, chevauchera les dates du Mans en commençant, cette année, le vendredi 8 mai avec le film « Whiplash » à propos duquel le batteur Mourad Benhamou donnera un aperçu de son talent, pour aller jusqu’au samedi 16 mai. Comme à l’habitude, le festival s’adapte au jeudi de l’Ascension. Le dimanche est réservé aux fanfares – ils ont prévu le soleil – et le mardi au blues. Larry Garner sera l’invité de cette soirée. On ne l’a pas vu sur les scènes françaises depuis longtemps et il ne faudra pas le rater… Kenny Garrett, Jacky Terrasson, Joe Lovano, Guillaume Perret – un saxophoniste qui s’affirme –, Henri Texier, un habitué, Paolo Fresu comme beaucoup d’autres… seront de ce feu d’artifice des jazz. Je donnerai, comme tous les ans, une conférence sur le 70e anniversaire de la fin de la guerre en faisant écouter la révolution de ce temps, le bebop.
Ces rendez-vous sont des moments de découvertes, de musiques, de musicien(ne)s. Il ne faut pas rater les concerts de midi, sous chapiteau, qui font, souvent, les madeleines de demain.
N.B.
Rens. Europa djazz, 02 43 23 78 99, www.europajazz.fr,
Jazz sous les Pommiers, 02 33 76 78 50, jsp@jazzsouslespommiers.com

A l’automne, les festivals de jazz se ramassent à la pelle… (2)

Ne dîtes jamais « jamais » !

Nevers, dans la Nièvre, se trouve aussi en Bourgogne. Mais ce n’est pas de vin dont il s’agit même si l’ivresse sera là, mais de jazz. Pour la 28e année s’organise dans cette ville un festival de jazz, « D’Jazz Nevers Festival » au programme pléthorique. Roger Fontanel, organisateur, ne recule devant rien. Des séances de cinéma gratuites, des concerts, des conférences – sur la première guerre mondiale -, des rencontres avec le (les ?) public(s), des initiatives vers le jeune public, des expositions… Le jazz envahit Nevers qui ne pourra jamais dire jamais au jazz…
En une semaine, j’ai compté 38 possibilités d’entendre ou de voir du jazz et des musicen(ne)s, une sorte de record. Ce n’est pas là l’essentiel. Continuer la lecture

A l’automne, les festivals de jazz se ramassent à la pelle… (1)

Le fil à couper le jazz

Cet automne est nonchalant sinon fainéant. Il rechigne à se montrer préférant se faire brûler la politesse par un soleil qui vient de l’été pour des journées que la chaleur rend maladives. Le calendrier se trouve confronté à des embûches nouvelles et ne sait trop comment s’affirmer. Ce temps – qu’il fait – est révélateur de l’ambiance. Personne ne sait où il se trouve ni comment il s’appelle !
Pour les festivals de jazz, il en va de même. Ils ne sont plus réservés à la période estivale. La concurrence était trop rude. Il fallait contourner l’obstacle. Boris Vian disait justement pour aller dans le mur prenons plutôt un hélicoptère.
Ils ont donc investi l’automne. Un moyen aussi de faire jouer des musiciens intermittents du spectacle qui ont besoin de se produire pour bénéficier de ce système en train d’être remis en cause, celui des allocations chômage. Ils et elles ont d’ailleurs bien conscience que le patronat et le gouvernement se servent d’eux pour restructurer l’ensemble de pôle emploi.
fil_oise_14_120x150« Jazz au fil de l’Oise » fête sa 19e édition. Il irradie sur tout le département du Val d’Oise, de Auvers-sur-Oise à Vauréal, avec comme partenaire principal la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise et des théâtres pour accueillir des « vedettes » du jazz. Gregory Porter, vocaliste qui fait un malheur et qu’il faut aller entendre, réellement une grande voix, fait partie de cette petite cohorte de jazzmen qui arrivent à vendre des disques. Il ne faudrait pas rater la rencontre du saxophoniste ténor Joe Lovano, un condensé du jazz actuel avec le trompettiste superbe d’élégance et de mémoire, Dave Douglas ni celle de Michel Portal et Bojan Z., deux vieux amis au demeurant ou Terrasson/Belmondo. Continuer la lecture

Quinzième festival villes des musiques du monde.

Musiques et mémoires.

ville sdes musiques du monde, 15eCe festival a une volonté : faire découvrir tout à la fois, des lieux – ici « Congo square », une place de la Nouvelle Orléans -, des musiques pour faire œuvre de mémoire. Ce travail de mémoire est fondamental. Il faut savoir retrouver le passé pour construire un avenir. Si les musiques veulent se régénérer, elles se doivent de déterminer leur parcours. Continuer la lecture

Nuits câlines sans être de Chine

L’accordéon au cœur de la Corrèze pour des nuits de nacre à Tulle.

nuits-de-nacre27 ans que Tulle vit une histoire d’amour avec l’accordéon, appelé aussi le « piano du pauvre », un pauvre capable de faire découvrir des paysages bizarres, de la musique dite classique au jazz en passant bien sur par la valse musette.
L’accordéon a eu ses figures de proue, comme Jo Privat longtemps associé au Balajo du côté de la Bastille. Frémeaux et associés lui rend un hommage mérité dans un coffret de trois CD : « Le gitan blanc – l’accordéoniste de Paris, 1945 – 1958 ». Il fera sans doute partie de cette thématique du festival qui veut aussi « Raconter l’accordéon ».
C’est un instrument qui marque la culture française bien qu’il soit d’origine allemande. La valse musette «est largement associée au « jazz manouche ». Le premier métier de Django Reinhardt, avant l’incendie de sa roulotte en 1929, fut banjoïste de ces orchestres qui faisaient danser Parisiennes et Parisiens. Après la guerre et jusque dans les années 60, on allait danser le samedi soir dans ces « dancings » aux grandes pistes en bois pour permettre toutes les figures et toutes les rencontres. C’est une image qui s’est perdue. Une mémoire en friche.
« Les primitifs du futur », invités aussi à ce festival, ont voulu faire renaître cette tradition, en la bousculant comme il se doit pour la garder vivante, sans répéter le passé. Frémeaux et associés a réédité récemment deux de leurs albums, « Cocktails d’amour » et « World Musette », un titre programme.
Pour leur prestation, le jeudi 18 septembre, une sorte d’inaugurationn du festival, ils seront en compagnie de Thierry Roques, accordéoniste né en 1960 dans le Lot et personnalité centrale de cette année. Il sera partout et avec tout le monde. Une sorte de fil d’Ariane pour faire la démonstration de toutes les facettes d’un instrument trop souvent décrié. Il faudrait pourtant réécouter Gus Viseur pour s’apercevoir qu’il peut swinguer…
Les lycéens ne seront pas publiés. Un concert et une rencontre leur seront dédiées pour découvrir ces musiques et les musiciens. Le jazz manouche sera bien sur de la partie avec Ludovic Beier, le bal guinguette sans oublier l’apéro ou le marché des producteurs de pays.
Bref, un festival qui brillera de tous ses feux pour enflammer de nouveau la ville de Tulle du jeudi 18 au samedi 20 septembre.
Ne manquez pas ce rendez-vous, d’autant que l’été indien le rendra encore plus lumineux.
Nicolas Béniès.
« Les Nuits de Nacre », « raconte-moi un accordéon », Tulle du 18 au 21 septembre, renseignements 05 5520 28 54, www.nuitsdenacre.com
CD cités : « Jo Privat, 1945 – 1958, le gitan blanc – l’accordéoniste de Paris », livret de Dany Lallemand ; « Blues Story & the new blue 4 », « World Musette, c’est la Goutte d’Or qui fait déborder la valse ! », Les Primitifs du Futur, Frémeaux et associés.

Autour des festivals.

Jazz en Baie…

Un invité surprise de « Jazz en Baie » (du 5 au 16 août, dans la Baie du Mont Saint-Michel) : Steve Grossman.
Le saxophoniste ténor, né à Brooklyn le 18 janvier 1951, a eu une carrière en dents de scie tout en participant à des expérimentations importantes notamment aux côtés de Miles Davis. Il reste pourtant profondément ancré dans la tradition dite du hard bop mâtinée de toutes les évolutions du jazz depuis le milieu des années 50. Il est impossible, dans le jazz, de répéter mécaniquement le passé. Steve s’est construit un style. Du coup, il est inclassable. Tellement qu’il peut être classé dans toutes les catégories répertoriées. Sur Wikipedia, Dans la case « genre » on peut lire « jazz, hard bop, bebop, cool jazz, modal, fusion, third stream – le troisième courant qui veut associer jazz et musique classique ou musique contemporaine. Le genre « jazz » me fait frémir…
Steve, pourtant, ne fait pas partie du gotha du jazz, ceux et celles que citent spontanément les amateurs de jazz mais il conserve une sorte d’empathie avec le public. Il est à l’aise dans des environnements différents. Continuer la lecture

Compte rendu de la 33e édition de JSP

En revenant de Coutances, de dessous les pommiers, la pluie, le vent et…le soleil !

Ce 33e cru restera lié – c’est logique – au 70e anniversaire du débarquement. Des orchestres ont repris le style de ces années de guerre. Charles Trenet a été de cette fête comme il se doit.
C’est le chanteur de ces années d’après le Front Populaire de 1936. Il est révélateur aussi de la place du jazz pendant l’Occupation. Les orchestres de jazz français qui ont commencé à fourbir leurs armes dans le milieu des années 1930 tiennent le haut du pavé. A commencer par le Jazz de Paris conduit dans les années 1940-41 par le saxophoniste ténor Alix Combelle. Les disques sous le label « Swing » sont pressés de nouveau. Charles Delaunay, son créateur, enregistre tout ce que le jazz compte de musiciens en France. Les concerts de jazz sont pleins.
Cette évocation, ce travail de mémoire a été le thème de ma conférence. Continuer la lecture

Europa djazz et jazz sous les pommiers, deux grands festivals de jazz

Le printemps est là, celui des jazz et de la liberté.

Affiche 2014 festival europa djazzLes festivals, pas seulement ceux de jazz, se conjuguent avec la citoyenneté et l’éducation populaire. L’Europajazz – ex festival du Mans – a soufflé sa 35e bougie en élargissant son champ géographique à toute la région – en débordant sur la Basse-Normandie – et ses activités culturelles vers les collèges et lycées, les Maisons d’arrêt, les maisons de retraite, les hôpitaux et même les entreprises et les conservatoires. Jazz sous les Pommiers suit le même mouvement et fait rayonner le jazz dans les mêmes lieux, comme la plupart des autres festivals. Pour lutter contre une image qui colle à la peau du jazz, « intello », « élitiste ». Le jazz est, à l’inverse, liberté pour créer d’autres sons, d’autres univers. Les jeunes musicien(ne)s l’ont bien compris. Ils et elles sont de plus en plus nombreux sans que le public ne se rajeunisse. Un oxymore pour une musique qui n’en manque pas.
Cette 35e édition de l’Europa avait commencé le 15 mars et se terminera le 16 mai pour laisser la place à Jazz Sous les Pommiers qui lui fêtera son 33e anniversaire.
Uri Caine et Dave DouglasLa fin de la fin de l’Europa a lieu au Mans, la ville de naissance, avec la « Grande fête anniversaire du festival » le dimanche 11 mai dans le parc de l’Abbaye de l’Epeau – un lieu idyllique -, de 11h à 17h, une sorte de ballade dans les fanfares, à l’instar de Jazz Sous les Pommiers qui, traditionnellement, le propose le dimanche – cette année le 25 mai. La conclusion, le vendredi 16 mai, sera laissée à Youn Sun Nah, vocaliste de renom qui a su imposer son style dans les mondes du jazz, en n’oubliant pas sa culture d’origine, celle de la Corée, un pays coupé en deux, à l’histoire tourmentée. Concert qui aura lieu au sein de l’Abbaye, haut lieu de concert de ce festival.
Le jazz envahira, comme chaque année du côté de l’Ascension, la petite commune de la Manche, Coutances pour fêter la liberté comme la Libération et le Débarquement. Pour faire œuvre de mémoire – un travail toujours recommencé – et appréhender le jazz non pas comme une musique du passé mais l’étendard de la révolte de la jeunesse à toutes les périodes troublées de notre histoire. Le jazz et la France, une histoire d’amour, de liberté et d’ouverture vers d’autres possibles, des rêves d’un autre monde.
Soixante dixième anniversaire du débarquement oblige, Jazz Sous les Pommiers se vit aussi au rythme d’un passé jamais dépassé. Le jazz est vivant et le reste. La Libération est une fête folle et le jour le plus long, le jour le plus fou surtout pour les populations de la manche. Le débarquement à Omaha Beach fut une violente boucherie. La mer était rouge de ce sang de jeunes gens.
Le jazz et la danse débarquaient tout autant. La danse surtout, interdite par les autorités d’occupation comme par le Régime de Vichy qui partageaient les mêmes conceptions réactionnaires parlant de musique « dégénérée » à propos du jazz même si certains « collaborateurs » faisaient du jazz une musique blanche et française parce que née à la Nouvelle-Orléans. Les concerts de jazz, contrairement à une idée encore répandue malgré des ouvrages savants, étaient légaux et très fréquentés. Pendant la période de l’Occupation un « jazz français » commençait à se développer. Le « bebop » viendra tout éclabousser jusqu’à l’explosion. La nouvelle révolution esthétique écrasera tout sur son passage. Y compris la mémoire qu’il existait un jazz en France avec deux génies, le premier est connu, Django Reinhardt, le second beaucoup moins, Michel Warlop, violoniste et compositeur.
Ce sera le thème de mes conférences, « Le souffle de la liberté, 1944 le jazz débarque », titre aussi de mon livre aux éditions C&F – voir mon blog www.soufflebleu.fr – que je donnerai, en lien avec Jazz Sous les Pommiers à Argentan le 17 mai, à Granville le 23 mai et à Coutances le 30 mai. Continuer la lecture