A propos Nicolas Beniès

Nicolas Beniès est économiste de formation. Il est tombé dans la grande marmite du jazz dans son adolescence, une énorme potion magique qui rend la vie différente. Il est devenu naturellement critique de jazz. Il a collaboré un peu à Jazz Hot, à Jazz Magazine. Il a également écrit dans Rouge, Contretemps), la Revue de l’École Émancipée, Le Monde Diplomatique et l’US Magazine. Il a longtemps - 20 ans - proposée, préparée et animée des émissions de jazz sur une radio associative. Il reprendra bientôt cette activité. Conférencier sur le jazz et l'économie, il est l'auteur du Souffle bleu - C&F éditions -, un essai sur le basculement du jazz en 1959 qui a donné son titre au blog/site, et de plusieurs ouvrages sur l'économie dont "Petit manuel de la crise financière et des autres" (Syllepse éditions). Il prépare deux nouveaux ouvrages. Un sur le jazz, "Tout autour du jazz", l'autre sur l'économie "Le basculement d'un monde".

Mahmoud Darwich vivant

Rencontre d’outre tombe

Mamoud DarwichIvana Marchalian, journaliste libanaise, avait interrogé, à Paris, en 1991, Mahmoud Darwich, poète palestinien dont l’œuvre est considérée comme le lieu de l’État palestinien. Un poète secret qui sait parler de l’oppression comme de la mort et de ce conflit dont personne ne connaît l’issue entre Palestiniens et Israéliens. Darwich avait écrit un texte de sa main pour tenter de répondre aux questions, en fait pour situer son œuvre, son combat. Une sorte de credo que devient « Je soussigné Mahmoud Darwich ». Ce document qui est livré après la disparition physique de Darwich, donne quelques clés du monde de l’écrivain, du poète incarnation d’un État palestinien dont sion œuvre jette les bases potentielles et utopiques, un État comme en rêve tous les tenants de la démocratie, sans armée et sans police.
Inestimable témoignage qui nous rend Darwich à la fois proche et plus humain bien que cultivant une certaine distance. Il ne livre quasiment rien de sa vie privée mais parle de son travail, de ses influences, de ses doutes aussi sans trop y insister même si Ivana est un peu trop aux pieds du maître… Elle sait aussi décrire l’appartement et le quartier de Paris qu’elle traverse avec Darwich.
N.B.
« Je soussigné Mahmoud Darwich », Ivana Marchalian, traduit par Hana Jaber, Actes Sud/L’Orient des livres.

La Bourgogne, terre d’accueil du jazz

Pas que le vin…

La Bourgogne est connue pour ses vins et sa gastronomie. On ne penserait, dans un premier temps, au jazz. Ce serait une erreur. Elle commence à être réparée par la publication de ce beau livre, « Bourgogne, une terre de jazz » qui associe différent(e)s collaborateur(e)s, musiciens, critiques pour dresser un portrait aux couleurs bleues de cette musique-art-de-vivre sur fond de vignobles. Il prend la suite d’un ouvrage précédent aux mêmes éditions de Michel Puhl, « Au fil du jazz Bourgogne 1945/1980 » qui permettent de décrire les conditions des musicien(ne)s de jazz, leur développement et le type de jazz qu’ils et elles jouent comme la politique culturelle des collectivités territoriales, en particulier la Région. Richement illustré, il donne à la fois des informations et des expériences qui peuvent servir pour les autres Régions.
N.B.
« Bourgogne, une terre de JAZZ, 1980/2010 », préface de Roger Fontanel, directeur du Centre régional du jazz en Bourgogne, Centre co-éditeur avec Le Murmure.

L’Algérie comme seul sujet de Boualem Sansal

Un iconoclaste

2084, La fin du mondeBoualem Sansal est un amoureux déçu, transi et encore saisi par la passion. L’objet et sujet de son amour, sa terre natale, l’Algérie et plus encore Alger la blanche. Il en veut à tous les gouvernements qui ont voulu imposer une religion d’État, une langue, l’Arabe littéraire loin de la langue vernaculaire et l’enseignement de l’Islam à l’École. Son dernier roman, déjà un succès de librairie, « 2084, la fin du monde », se situe dans un pays, l’Abistan, dominé par la peur de Dieu, le respect des dogmes religieux décrétés par on ne sait qui mais pour le profit des dirigeants et la répression. Un régime dictatorial aux couleurs religieuses, nouvelle manière de justifier la politique. Il est facile, au vu des attentats sanglants à Paris, de penser à Daesh. Sansal veut plutôt décrire, comme pour ses romans précédents à commencer par le superbe « Le serment des barbares » écrit juste après la guerre civile commencée dans les années 1990 et, apparemment, achevée en 1999, la société algérienne. Son ire n’est pas seulement dirigée contre les « islamistes mais aussi contre le gouvernement algérien. Il dénonce ainsi le passage à l’économie de marché en 1994… Pourtant, il donne en même temps – et peut-être sans le vouloir – quelques clés de compréhension de cette secte et de son pouvoir de convaincre. A l’instar du fascisme, Daesh pose comme supérieure toute personne qui adhère à son idéologie lui donnant la possibilité de tuer des ennemis, ceux résidant sur un sol étranger. Les femmes sont, évidemment, les grandes exclues.
Boualem Sansal, RomansLes aspirations démocratiques sont un facteur de déstabilisation du système de cet Abistan. Et c’est la fin du monde… Son « 2084 » est, évidemment, inspiré par le « 1984 » de George Orwell tout en se situant dans la continuation des œuvres antérieures de cet ex-ingénieur et fonctionnaire rejeté par les fanatiques religieux, le pouvoir et même ceux et celles qui partagent quelques-unes de ses convictions laïques. Lire ou relire ses romans dans la continuité chronologique est devenu possible par la publication d’une somme « Romans 1999-2011 » permettant une vision de l’histoire récente de l’Algérie. Elle permettra aussi de comprendre pourquoi l’Algérie est à la fois sa hantise et sa raison de vivre.
Nicolas Béniès
« 2084, la fin du monde », Boualem Sansal, Gallimard et « Romans 1999-2011 », présenté par Jean-Marie Laclavetine, précédé d’une « Vie et Œuvres », Quarto/Gallimard ; « 1984 », George Orwell, Folio Plus avec un dossier par Olivier Rocheteau.

Appréhender le jazz ? Est-ce possible ?

Une vague moderne et solidaire pour la créativité individuelle.

Il est des anniversaires qu’il faut savoir fêter surtout lorsqu’il s’agit d’un jubilé. L’AACM, Association for the Advancement of Creative Musicians, est née à Chicago en 1965 sous la férule du pianiste Muhal Richard Abrams qui avait, déjà, une carrière derrière lui. 1965, il faut s’en souvenir, c’est aussi une sorte d’apogée du « Black Power » via toutes les associations et organisations qui gravitaient autour de cette revendication, en particulier Malcom X et les « Black Panthers ». La répression, l’oubli est aussi tombé sur cette donnée, a été sanglante. Les forces de police n’ont pas fait dans la dentelle et ont tué ou emprisonné une grande partie de ces militants.
Cette association se proposait d’offrir aux musicien-nes-s des rencontres, des discussions pour leur permettre de trouver leur propre voi(e)x. De « faire » communauté, collectif tout en préservant le champ des possibles de l’individu. Une sorte d’anarchisme mariant la fraternité et des formes de société secrète. La plupart des musicien-ne-s de jazz d’aujourd’hui sont passé(e)s par cette école ouverte et sans structure. A commencer par Anthony Braxton mais aussi la flûtiste Nicole Mitchell qui fut la dernière présidente en date de cette association. Continuer la lecture →

Le coin du polar

Vagabondages

Martyn Waites a été, comme beaucoup de ses contemporains, durement marqué par la défaite des mineurs en 1984. Thatcher, Premier ministre en 1979, a conduit la lutte des classes avec tous les moyens à sa disposition, policiers et idéologiques. Elle a mis en œuvre une véritable stratégie de combat que le syndicat des mineurs conduit par Scargill a mis du temps à comprendre. Il faut dire que le dirigeant du syndicat avait demandé en vain la décision d’une grève générale. Comme souvent, elle est tardive mais elle durera tout de même un an. L’âpreté du combat de classe est rendue à travers le parcours de personnages façonné par le conflit lui-même dont un journaliste qui enquête aussi sur son passé. « Né sous les coups » fait l’aller retour entre « avant » et « maintenant » pour dessiner le paysage issu de cette défaite. Un grand roman social.
Difficile, semblait-il, de faire mieux ou différemment. Waites réussit ce tour de force avec « La chambre blanche », l’antichambre de la mort. Même lieu, Newcastle et cette Angleterre – au sens strict – un peu mystérieuse, brumeuse secouée d’éclats de violence et de rire, d’explosions de fraternité et de corruption. Remontons le temps. 1946 pour suivre un leader travailliste qui donne l’impression de vouloir changer la vie en détruisant les taudis et en construisant de grandes cités. L’exclusion, la surexploitation des salariés, le gangstérisme, la corruption. Une fresque sociale de cette ville, des personnages qui incarnent ces concepts pour une intrigue qui même ingrédients du polar, du social pour une grande littérature. La révolte, la colère suinte quasiment à chaque page. Continuer la lecture →

JAZZ, sans un mot, un jazz Babel ?

Un jazz mondialisé ?

Alex Maksymiw, guitariste et leader de ce groupe pour cet album « Without a Word », sans un mot ce que permet la musique, est, peut-être le prototype d’un musicien de jazz de nos temps étranges. Né à Toronto de parents ukrainiens, il a fait ses études à Amsterdam, joué dans des grands orchestres comme Amsterdam Jazz Orchestra ou le Village Vanguard Orchestra – créé par Thad Jones et Mel Lewis, il continue, chaque lundi à se produire au Village Vanguard de New York sans ses créateurs – ou d’autres, à cheval sur les deux continents, européen et américain. Comme Mike Stern, guitariste un temps de Miles Davis, il se trouve au confluent de toutes les influences. Il a du mal, la pression est forte, à se sortir du langage et de grammaire du be-bop tout en subissant les vagues venues du free jazz et de Coltrane en particulier en passant par Miles ou le jazz fusion via John McLaughlin. Pat Metheny et John Scofield sont aussi présents dans le style du guitariste. Continuer la lecture →

JAZZ ( ?), de l’inattendu

Le jazz européen existe-t-il ?

Le magazine « Jazz thing », une revue allemande de jazz, avait lancé, pour son Centième numéro, en septembre 2013, une série « European Jazz Legends » qui a couvert 11 numéros. Pour donner corps à ces portraits, pour montrer la réalité d’un jazz européen aux côtés d’un jazz américain aux influences réciproques, la revue a organisé avec la ville de Gütersloh (dans le Land de Rhénanie du Nord) une série de concert.
Celui d’Enrico Pieranunzi – avec Jasper Somsen à la basse, musicien hollandais et André Ceccarelli, batteur – est le troisième de la série enregistrée en août 2015. Un choix d’évidence. Le pianiste a accompagné, dialogué avec la plupart des musicien(ne)s de notre temps – du sien, il est né en 1949 à Rome – tout en développant un style original qui doit beaucoup, mais aussi le cas de Chick Corea et de beaucoup d’autres des deux côtés de l’Atlantique, à Bill Evans comme à Thelonious Monk.
« Tales from unexpected », contes de l’inattendu soit des histoires venues d’ailleurs pour faire rêver les adultes en construisant des mondes différents par des réponses surprenantes. Une sorte de règle du jeu de sa musique : la surprise comme moyen d’aborder sur des rives inconnues. Pour la découverte.
Il propose une sorte de suite, en 4 parties, « Improbable », pour signifier à la fois ce qu’il veut faire de sa musique et avertir sur notre présent.
Enrico fait, à l’évidence, partie des créateurs. Qu’il faut écouter avec attention.
Cet album, qui se termine par l’interview du pianiste, en anglais comme il se doit et en public.
Il n’épuise pas un débat aux multiples facettes : existe-t-il un « jazz européen » qui transcenderait les frontières actuelles ? Quels sont les liens avec le jazz américain dans ce contexte de mouvement de mondialisation ? Et, au-delà de ces différences étranges, de quoi parle-t-on lorsque s’utilise la catégorie « Jazz » ? Le jazz sera-t-il la musique du 21e siècle ? Tout est en transition dans ce monde dominé par l’incertitude.
Nicolas Béniès.
« Tales from the unexpected. Live at the Theater Gütersloh », Enrico Pieranunzi, Intuition distribué en France par Socadisc.

JAZZ, une nouvelle chanteuse

« Sans Elle » chante-t-elle ?

Décider un jour de chanter est déjà un « challenge » comme on dit aujourd’hui et prendre comme nom de scène « Sans Elle » en est un autre. Pourtant, cet album « Beyond » – « au-delà » des apparences, du présent ? – fait la preuve qu’elle est bien là. Responsable de certains arrangements, pianiste et claviériste pour un thème, « In Between », un entre-deux qu’il faut visiter, elle prend sa place comme chanteuse sur des thèmes qu’elle a écrit et composé. A la fois un compliment et un reproche, une certaine répétition de climats en résulte. Chanter les thèmes des autres – ou des standards – permet aussi de faire preuve de créativité et peut éviter une légère lassitude de l’auditeur.
Une voix qui veux faire le lien entre ces chanteuses britanniques enfermées un peu trop dans un son qui ne connaît pas les outrances sinon des transgressions dans les glissements quelque fois ahurissants et les celles plutôt engagés dans la musique qu’on appellera française faute de mieux représentée par Nicole Croisille. Avec ce qu’il faut de références prises à la fois dans les musiques du monde – les percussions sont souvent présentes – et la grande variété française, du côté Nougaro plutôt sans cette rage qui dominait ses prestations. Il manque « Sans Elle » un peu de cette révolte qui fait réagir l’auditeur. Une incursion dans la musique qui fait bouger termine l’album qui pourrait indiquer d’autres directions possibles mais il faudrait qu’elle pose sa voix (If you were mine).
Quelques thèmes retiennent l’attention comme « Tout et son contraire » qui pourrait permettre d’ouvrir une nouvelle voie dans la chanson française et faire un tube si les programmateur(e)s savent entendre.
Mention spéciale à Leonardo Montana, pianiste dans la plupart des plages et Sergio Cruz pour les arrangements, Damian Nueva Cortés aux basses, Archibald Ligonnière à la batterie et Fabian Suarez aux percussions.
Un album qui se laisse écouter et permet de découvrir une nouvelle voix.
Nicolas Béniès
« Beyond », Sans Elle, Say Yay ! www.sanselle.com

Polar, nouveautés

École du crime au Texas

Lansdale Diable rouge, Folio policierJoe R. Lansdale est l’écrivain de polar le plus connu… au Texas mais aussi en France via les traductions – ici Bernard Blanc – publiées chez Denoël et avant dans la Série noire, reprises par Folio/Policier. Les enquêtes de Hap Collins, le Blanc hétéro qui se pose des questions et Leonard Pine – surtout à prononcer avec l’accent du Texas en train de se perdre -, un Noir homosexuel attaché à la violence pure dénuée de sentiments, sont à la fois une caricature des polars et une manière de faire réfléchir sur notre monde. Ces deux personnages ont fait le tour du monde.
Dans ce « Diable rouge », le rouge fait référence au sang et le diable à l’apparence de la vieillesse, les deux compères se heurtent à une organisation de tueurs et de tueuses. Une femme, Vanilla déjà apparue dans le précédent « Vanilla Ride », leur vole la vedette pour régler une affaire obscure. Les ressorts psychologiques ne sont pas très fouillés mais les situations sont toutes à la fois loufoques et logiques à partir du moment où le lecteur ne discute pas les postulats de départ. Il n’empêche Hap et Leonard vieillissent et la tentation fut grande, sans doute, pour l’auteur de faire mourir l’un des deux. Les personnages savent, quand il le faut, résister à leur auteur.
Un auteur qui donne l’impression qu’il fallait une suite au précédent sans qu’il ait construit une trame cohérente. Il fait passer ce manque en créant des mots. Le traducteur, pour en redonner le suc, s’est inspiré de la « bravitude » de Ségolène. Dans les premières pages, vous allez pouvoir enrichir votre vocabulaire…
Parions que dans le prochain, Vanilla prendra de plus en plus de place. Le duo pourrait devenir trio ou, pourquoi pas, quatuor.
Nicolas Béniès
« Diable rouge », Joe R. Lansdale, traduit par Bernard Blanc, Folio/Policier.


L’enfant sauvage façon étasunienne.

Jean Zimmerman s’est décidée à raconter l’Histoire des États-Unis via des histoires. « La petite sauvage » est son deuxième opus paru en français après « Maître des orphelins ». Une enfant trouvée en Virginie qui se donne en spectacle et un rejeton d’une des grandes fortunes faite dans les mines de fer feront partie de la même famille par l’adoption de cette sauvage par les parents du jeunes homme. S’ensuivra une réussite de la fille et un naufrage de la famille dont le père a mal évalué ses chances de construire un monopole mais qui rebondira. Le tout est ponctué d’une série de meurtres a priori commis soit la petite sauvage, soit par Hugo Delegate. Nous sommes à Manhattan en 1876. Continuer la lecture →

Jazz, nouveautés

Des endroits qui se veulent en expansion

Olivier Bogé, pianiste, guitariste, chanteur et surtout saxophoniste/compositeur, se veut de son temps. A la fois pour son trio, Nicolas Moreaux contrebassiste et Karl Januska batteur et pour les auditeurs. Il utilise donc toutes les techniques actuelles. Il est à la fois binaire comme l’exige les auditeur(e)s et « classique » par l’ajout de Manon Ponsot violoncelliste et de Guillaume Bégni corniste. Ses compositions sont intelligentes et devraient impulser des développements pour les faire vivre et convaincre.
Il n’en est rien. Elles se laissent aller sans susciter ce sentiment d’urgence sans lequel il n’est pas de jazz. Mais ces « Expanded Places » sont ailleurs, ailleurs que dans la pulsation de cette musique. Dans ce cas, il s’agit de construire non seulement des endroits mais un nouvel univers en expansion.
Je me dis que ces compositions pourraient servir à d’autres. Pour créer d’autres possibles, pour cultiver d’autres champs. Les musiciens sont honnêtes et jouent avec cette virtuosité caractéristique de notre époque. Seulement, la mayonnaise ne prend pas. Les ingrédients refusent de se coaguler… Il y manque le « je-ne-sais-quoi » qui fait toute la différence.
Nicolas Béniès.
« Expanded Places », Olivier Bogé, Naïve.

Plus fort que le « Third Stream »…

Thierry MaillardThierry Maillard, pianiste et compositeur, nous avait habitué à marier le jazz et la musique classique via des quatuors à cordes. Il s’inspirait d’une vogue qui fut celle du milieu des années 50 et qui perdura dans certains endroits comme le Conservatoire de Boston avec Ran Blake, pianiste superbe qu’il ne faut pas ramener uniquement à ce troisième courant.
Third Stream, troisième courant une dénomination pour signifier la volonté de ses défenseurs de fusionner, « coller » serait sans doute plus juste, musique classique – baroque surtout qui partage avec le jazz l’absence de définition précise – et jazz. John Lewis, pianiste, compositeur et fondateur du Modern Jazz Quartet (MJQ pour les intimes) illustra tout au long de sa vie cette tendance. Les échecs furent nombreux mais il en ait de magnifiques. La musique ne se mesure pas à sa capacité de réussite mais à l’exploration des possibles. Continuer la lecture →