A propos Nicolas Beniès

Nicolas Beniès est économiste de formation. Il est tombé dans la grande marmite du jazz dans son adolescence, une énorme potion magique qui rend la vie différente. Il est devenu naturellement critique de jazz. Il a collaboré un peu à Jazz Hot, à Jazz Magazine. Il a également écrit dans Rouge, Contretemps), la Revue de l’École Émancipée, Le Monde Diplomatique et l’US Magazine. Il a longtemps - 20 ans - proposée, préparée et animée des émissions de jazz sur une radio associative. Il reprendra bientôt cette activité. Conférencier sur le jazz et l'économie, il est l'auteur du Souffle bleu - C&F éditions -, un essai sur le basculement du jazz en 1959 qui a donné son titre au blog/site, et de plusieurs ouvrages sur l'économie dont "Petit manuel de la crise financière et des autres" (Syllepse éditions). Il prépare deux nouveaux ouvrages. Un sur le jazz, "Tout autour du jazz", l'autre sur l'économie "Le basculement d'un monde".

Bd et journalisme

Voir les États-Unis.

Loin de toutes les images d’Epinal, loin des batailles politiciennes, les Etats-Unis vivent les effets d’une crise profonde qui déstructure totalement les solidarités existantes et attaquent les valeurs sur lesquelles reposait cette société. Deux types de journalisme se complètent. L’un utilise sa plume, Chris Hedges, l’autre son dessin – Joe Sacco est connu pour ses reportages en BD – pour décrire la réalité de cette Amérique rarement présentée dans les média français. Ils découpent leur patient au scalpel en 3 temps, les spoliations, la destruction, l’esclavage et deux « jours », de siège et de révolte pour mener un réquisitoire en bonne et due forme contre ce capitalisme appelée par certains libéral alors qu’il est tout simplement sauvage et…imbécile. La révolte gronde dans cette société étasunienne. Une bonne nouvelle.

N.B.

« Jours de destruction, jours de révolte », C. Hedges, J. Sacco, co-édition Futuropolis/Gallimard.

Une histoire partagée

Un pan de l’Histoire de France.

Une exposition, « Vies d’exil, 1954-1962 », le catalogue au titre plus explicite « Algériens en France, la guerre, l’exil, la vie » et le témoignage bouleversant et dur, sans pathos mais d’une profonde humanité, de Monique Hervo, « Nanterre en guerre d’Algérie » permet de reprendre les fils de notre histoire, liée à celle de l’Algérie dont on fête le cinquantième anniversaire de l’indépendance. L’histoire de l’immigration algérienne en France reste à faire. Elle a, à la fois, façonnée la France et l’Algérie. La guerre contre le colonialisme français s’est aussi mené sur le territoire français. Les luttes entre le MNA, le FLN, les supplétifs harkis ne sont pas seulement des morceaux d’Histoire, elles fortement présentes. Les traces de ce passé inondent encore notre actualité. Les éditions Autrement font œuvre utile par ce « Beau livre », à la riche iconographie. Benjamin Stora et Linda Amiri brossent un portrait de ces travailleurs immigrés, de leur famille, de leur division politique, dont l’industrie française avait grand besoin. Continuer la lecture →

Polars de décembre 2012

Le coin du polar

David S. Khara avait commencé par « Le projet Bleiberg » pour présenter ses personnages, Eytan Morg en particulier, rescapé des camps de la mort et issu des recherches des docteurs nazis voulant composer une race « pure ». Lui, le Juif, est devenu blond. Une honte. Il résiste à tout. Il transporte surtout une grande partie de l’Histoire dont il est le dépositaire. « Le projet Shiro » prend la suite, en changeant de pays, direction le Japon et les recherches folles autour des armes de destruction massive via les armes chimiques. L’écriture s’est affirmée, le héros n’est plus totalement intouchable. Un peu d’humanité s’est glissée entre les ennemis du premier opus, soit hier. Un mélange subtil entre les mondes d’hier et celui d’aujourd’hui. Quand le passé sert à éclairer notre barbare présent. On attend le troisième avec impatience et un peu d’inquiétude. Continuer la lecture →

Quand le livre fait le beau.

De catalogues en catalogues…qui peuvent être des livres tout simplement.

Les catalogues d’exposition ont une drôle de vie. Il en est qui disparaissent derrière les fastes de l’exposition, d’autres qui se mettent en lumière à la place de l’exposition, d’autres encore qui savent vivre leur vie. Tout est ouvert. Il ne faut se contenter ni de l’une ni de l’autre. Elle et il ne sont pas forcément complémentaires. Continuer la lecture →

Du côté des nouveautés en jazz

Un groupe, un guitariste israélien et la suite….

Un autre retour, le groupe Quest qui avait marqué de son empreinte la fin des années 1970 et le début des années 1980. un groupe qui avait su synthétiser le free-jazz, John Coltrane bien sur, Bill Evans, Albert Ayler, Wayne Shorter, Miles Davis pour créer un « son » reconnaissable entre tous. Dave Liebman, sopraniste sans égal, une des grandes voix d’aujourd’hui, Richie Beirach, pianiste à la fois aventureux et classique, Ron McClure, bassiste conservant envers et contre tout le tempo nécessaire à la création et Billy Hart, batteur superbe, sorte de synthèse d’Elvin Jones et de Tony Williams ont construit ce quartet et une connivence résultat de longues années de pratique commune. Leur album précédent pour « out here », « Quest », faisait la démonstration de leur capacité à continuer de créer. Celui-ci a une ambition différente, rendre hommage à Wayne Shorter compositeur, grand compositeur que ce saxophoniste. Dans la production actuelle, cet album sort la tête de l’eau musicale et il continue à faire la preuve que ces quatre là ont eu raison de reconstruire leur groupe sans regarder vers leur passé glorieux – ce qui n’est pas facile notons-le en passant. Ils donnent pourtant l’impression de n’être pas totalement libre dans ces compositions qui ne font pas totalement partie de leur monde. Une des raisons c’est que la méthode de composition de Wayne Shorter, faite de glissements successifs, apparaît un peu trop. Le titre nous l’indique avec quelque humour, « Circular dreaming », un processus de rêves circulaires, une bonne définition de la musique de Wayne Shorter. Ce qui n’empêche de goûter le projet et… le groupe !

Nicolas Béniès

« Circular dreaming », Quest, Enja/Harmonia Mundi. Continuer la lecture →

Un cadeau !

Des nouvelles de Prévert.

Le film, « Les enfants du paradis », est un grand classique du cinéma français et mondial. Il a été élaboré et tourné pendant la guerre par Jacques Prévert et Marcel Carné en compagnie de Alexandre Trauner qui a dessiné les décors en trompe d’œil et de Joseph Kosma pour la musique. Ces deux derniers sont Juifs et dans cette époque troublée, même dans la zone sud, il fallait prévoir les fuites. Continuer la lecture →

Rendez-vous de décembre 2012

Université populaire Jazz

 

Le prochain cours et le dernier de l’année 2012 aura lieu le mercredi 19 décembre de 18hà 19h30 comme d’habitude, au Café Mancel. Ce sera un « focus » sur Lil Hardin devenue Armstrong.

Un autre rendez-vous, sur les nouveautés jazz

qui ne se situe dans le cadre de l’Université populaire mais toujours au Café Mancel, le 15 décembre pour une présentation des nouveautés en jazz en insistant sur les rééditions. A partir de 17h jusqu’à 18h15 ou 30 suivant les affinités…

Pour l’Université populaire économie,

prochain rendez-vous le mardi 18 décembre à 17h30 jusqu’à 19h30 au Panta Théâtre.Erreur de ma part. c’est donc ANNULÉE, le prochain cours aura lieu le 26 mars 2013

 

 

Le saxophone dans deux états

Rendez-vous avec deux saxophonistes d’aujourd’hui.

Sébastien Jarrousse, au ténor comme au soprano, se situe pleinement dans la lignée du Coltrane avec son quartet historique, Elvin Jones, batteur, McCoy Tyner, pianiste, Jimmy Garrison, bassiste. Influence matinée – patinée ? – de celle de Wayne Shorter comme l’indique le titre de l’avant dernière composition qui clôt cet album. Sans imitation servile, simplement la reconnaissance d’une esthétique. Il fait la preuve, avec son quartet, qu’il est possible de creuser cette voie et de trouver sa voie. Il tombe un peu moins du côté du hard bop que dans ses enregistrements précédents. Continuer la lecture →

Jazz, des coffrets nécessaires.

Deux géants un peu trop ignorés.

Les hasards de l’édition, ou volonté délibérée ?, deux géants du jazz bénéficient d’une édition dans la collection « The quintessence » que dirige Alain Gerber aux éditions Frémeaux et associés. Dans l’imagerie des passionné(e)s de jazz, ils apparaissent comme situés sur des planètes différentes, « Cannonball » Adderley, saxophoniste alto, et Bill Evans, pianiste. L’un et l’autre ont su s’imposer sur la scène du jazz et, à leur manière, ils ont contribué à la révolutionner dans cette fin des années 50. Ils ont été à la fois éclipsés par l’ombre porté du génie hors norme de ce temps, John Coltrane qui les a influencés, tout comme il a subi leur influence. Tous les trois ont fait partie de ce sextet qui marque l’année 1959 via la réalisation de cet album, chef d’œuvre d’entre les chef d’œuvre, « Kind of Blue » – voir « Le souffle bleu » pour plus de détails -, sous la direction de Miles Davis et direction convient bien, même si Bill Evans a beaucoup travaillé les compositions qui, pour certaines d’entre elles, portent son empreinte, en particulier ce « Blue in Green » que Alain Gerber a repris dans ce double album consacré à Bill. Continuer la lecture →

Marx, un mode d’emploi

Quand un géographe se penche sur le Capital…

David Harvey, est, de son état, géographe. Un géographe particulier qui analyse les espaces en lien avec les rapports sociaux. Un géographe « social » si l’on veut. Il s’est inspiré, dans ses recherches de la méthode et des concepts de Marx, pour construire une géoéconomique. Professeur à l’université de New York, il a, avec ses étudiants de générations successives, tenter des lectures du Livre I du Capital, le seul que Karl Marx ait publié de son vivant. Les deux autres sont des brouillons plus ou moins mis en forme par Engels. « Pour lire le Capital » est une synthèse de ce travail qui compte plusieurs années. Continuer la lecture →