A propos Nicolas Beniès

Nicolas Beniès est économiste de formation. Il est tombé dans la grande marmite du jazz dans son adolescence, une énorme potion magique qui rend la vie différente. Il est devenu naturellement critique de jazz. Il a collaboré un peu à Jazz Hot, à Jazz Magazine. Il a également écrit dans Rouge, Contretemps), la Revue de l’École Émancipée, Le Monde Diplomatique et l’US Magazine. Il a longtemps - 20 ans - proposée, préparée et animée des émissions de jazz sur une radio associative. Il reprendra bientôt cette activité. Conférencier sur le jazz et l'économie, il est l'auteur du Souffle bleu - C&F éditions -, un essai sur le basculement du jazz en 1959 qui a donné son titre au blog/site, et de plusieurs ouvrages sur l'économie dont "Petit manuel de la crise financière et des autres" (Syllepse éditions). Il prépare deux nouveaux ouvrages. Un sur le jazz, "Tout autour du jazz", l'autre sur l'économie "Le basculement d'un monde".

Rencontres.

 

Rétropédalages vers le futur.

La photographie a longtemps été considérée comme un art mineur, plus récemment elle a été qualifiée « d’art moyen », une notion floue qui lui convient bien. Ce domaine artistique, comme, plus tard, le cinéma et le jazz, n’ont pas de définitions précises. Leur périmètre est évolutif, leur champ d’analyse en expansion. Ces « anti-art » au moment de leur naissance sont liés à l’évolution des technologies, des techniques qui les rendent dépendantes de l’industrie et du « retour sur investissement ». Walter Benjamin, étudiant l’ère de la reproductibilité en tirait la conséquence que l’art avait perdu son « aura ». La démonstration est facile à faire. La photographie d’un tableau cache le choc esthétique du tableau. La photographie, si elle ne se veut pas reproduction, peut révéler des trésors cachés du travail du peintre. Continuer la lecture →

DICTIONNAIRE

U comme Union Bancaire.

Après l’impossibilité d’aboutir à un accord sur le budget européen pour les cinq ans à venir, le sommet européen du 13 décembre 2012 a abouti à un accord sur la création d’une Union Bancaire à l’échéance de 2014, sans la participation de la Grande-Bretagne. Elle fait bande à part depuis la discussion sur le TSCG, traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance. Le gouvernement britannique ne veut pas perdre ses prérogatives, sa monnaie et son système bancaire où la Banque d’Angleterre est préteur en dernier ressort comme le paradis fiscal qu’est la City. David Cameron, le Premier Ministre, a annoncé un référendum sur la poursuite de l’aventure européenne… en 2017. Une annonce politicienne mais qui montre le renforcement du camp eurosceptique et la poursuite de la crise de l’U.E. Le débat ne porte pas sur la politique économique. Tous ces gouvernements ne voient pas d’autre solution que la politique d’austérité. Elle est drastique au Royaume-Uni. La pauvreté, les inégalités ont progressé…et la récession frappe le pays. Continuer la lecture →

Le coin du polar. Voyages dans l’espace et dans le temps.

Dans la capitale du Japon au XI e siècle…

I.J. Parker, une spécialiste de l’Histoire du Japon, a conçu sa série autour d’un noble de petite extraction Sugawara Akitada. Il est devenu, après bien des péripéties et enquêtes, secrétaire du ministre de la Justice à Kyoto, la capitale de ce Japon. Tout au long de ce récit, l’épidémie de variole fait son chemin. Au fur et à mesure les nantis désertent la Capitale pour se réfugier dans leur maison de campagne. Continuer la lecture →

Nouveautés jazz janvier 2013

Mélanges

 Quand Sonny Rollins rencontre les compositeurs français

Lionel Belmondo, saxophoniste ténor et flûtiste, a voulu suivre la voie ouverte par Sonny Rollins en 1957 en construisant un répertoire pour trio, saxophone, contrebasse (Sylvain Romano) et batterie (Laurent Robin). Un format difficile qui demande à chaque musicien un engagement total et au leader un sens de la construction et de l’imagination pour éviter les pièges de l’ennui, de la répétition et de l’inutilité d’un tel pari. C’est un pari, et même risqué. Il s’en sort par le répertoire fait, comme le titre l’indique « Lionel Belmondo plays European Standards », de compositions de Bach, Fauré, Tchaïkovski, Shubert (il s’agit ici de Franz Peter), Chopin et même Wagner et Holst. Une manière de renouveler le matériel, de donner des idées aux musicien(ne)s pour sortir des ornières actuelles. Pourtant, le terme de « standards » ne convient pas. Le jazz utilise les airs populaires pour les transcender, les faire entrer dans une nouvelle dimension. Là, les thèmes ne sont pas connus du grand public. Continuer la lecture →

Culture se conjugue au pluriel

Comment aborder l’art africain ?

Titrer un « beau » livre, « L’art africain fait penser que Ezio Bassani, l’auteur, ne manque pas d’air. Un Européen, même spécialiste universitaire reconnu, n’a pas les outils théoriques esthétiques nécessaires pour appréhender ces cultures multiples du continent africain, aussi multiples que celles de l’Europe. Il s’agit de cultures étranges aux yeux d’un occidental pétri de traditions écrites, la transmission est ici fondamentalement orale. Pendant longtemps, ces « œuvres » ont été considérés comme des témoignages ethnologiques et enfermés, sans classement, dans des musées dits « ethnologiques ». Différencier ces sculptures, ces figures en l’occurrence, revient à considérer que l’art africain – il faut utiliser le pluriel – existe bel et bien, ouvrant la porte à une échelle des valeurs. Continuer la lecture →

La pauvreté et les inégalités en France

Chômage de masse, pauvreté et accroissement des inégalités

Depuis la fin des années 1980, une nouvelle réalité a éclaté, la pauvreté prenait de l’ampleur. On parlera de « nouvelle pauvreté ». Michel Rocard, Premier ministre en 1989, créera le RMI qui donnera naissance à de nouvelles études. Le chômage de masse en était la première cause. Les statistiques allaient enregistrer des nouveautés comme le chômage de longue durée se traduisant par la précarité sociale, la descente vers la mise au ban de la société. Les organisations caritatives ne pouvaient connaître qu’un accroissement de leurs missions dans un contexte où les dépenses sociales subissaient une cure d’austérité. Continuer la lecture →

Biographie de Stivell

Musique et révoltes.

Ecrire une biographie d’Alan Stivell – une grande première -, lui qui a fait découvrir la harpe celtique au monde entier, travail que son père avait commencé, suppose de faire référence à toutes les luttes sociales, linguistiques et de libération qui a secoué cette région depuis plus de 40 ans. Laurent Bourdelais, poète et professeur d’histoire s’y est essayé. Un hymne à la Bretagne, au Morbihan plus spécifiquement vient sous la plume de cet enfant qui n’est pas de ce pays. Pour découvrir à la fois les textes, le contexte social de ces années là et pour (re)faire connaissance avec le musicien.

 

N.B.

« Alan Stivell », L. Bordelais, Editions Le Télégramme, 334 p.

Enquête sociétale

Recompositions de la famille.

Eric Garnier a présidé l’Association des Parents Gays et Lesbiens (APGL) et a voulu, par ce livre de témoignages et d’analyses, participé à la mise en évidence d’un changement de nos sociétés via une nouvelle définition de la famille. Ressort de cette étude que l’homoparentalité est une réalité de plus en plus acceptée, même si l’homophobie continue d’exercer ses effets. Une manière de prendre part au débat actuel sur le mariage pour tous tout en évitant les dérapages sur la liberté de conscience.

Nicolas Béniès.

« L’homoparentalité en France. La bataille des nouvelles familles », E. Garnier, Editions Thierry Marchaisse, 349 p.

 

Les pays émergents d’Amérique latine

Le basculement du monde.

Pierre Salama est un spécialiste reconnue de l’Amérique latine. Le livre qu’il vient de publier est apparemment un livre de cours sur « Les économies émergentes latino-américaines, entre cigales et fourmis ». Il est aussi une analyse des formes de sortie du sous développement comme des politiques à mettre en œuvre pour se situer dans le basculement actuel du monde qui voit surgir des nouvelles économies potentiellement dominantes, comme la Chine et d’autres en déclin comme les Etats-Unis. Comment se situent, dans ce contexte les grands pays latino américains ? Peut-on tirer des leçons du passé ? De la Chine ? Peut-on comparer ces économies classées comme émergentes après avoir été appelées « NPI », nouveaux pays industriels ? Comment expliquer les problèmes rencontrés actuellement par le Brésil ? Les questions sont multiples, les éléments de réponse incitent le lecteur à « faire » de l’économie, qui suppose de raisonner non pas à partir des seuls éléments économiques, mais à intégrer les luttes sociales et surtout l’intervention de l’Etat, les politiques mises en œuvre. Pour se donner des outils de compréhension d’un monde en complet bouleversement, un monde qui bascule. L’ancien est en train de mourir en laissant des traces, le nouveau à du mal à sortir des limbes. En ce sens, ce livre est un vrai manuel d’économie politique, pour tous, étudiants et enseignants.

Nicolas Béniès.

« Les économies émergentes latino-américaines. Entre cigales et fourmis. », Pierre Salama, Collection U/Armand Colin, 225 p.

Union Européenne.


Où est la sortie ?

 

Le dernier sommet européen des 22 et 23 novembre, sur le projet de budget pluriannuel (2014-2020), s’est soldé par un échec qui en dit long sur les forces centrifuges à l’œuvre dans cette Union Européenne à 27. Ce débat, entre les gouvernements des Etats-membres montre d’une part que la construction européenne reste fondamentalement inter-étatique, d’autre part que le Parlement européen a peu de pouvoir. Contrairement aux Parlements nationaux, il en discute – ou à la marge – du budget européen. Continuer la lecture →