Comment va le monde ?

Un monde incertain et sans avenir.

Les marchés financiers jouent – sans jeux de mots – aux montagnes russes. Elles augmentent fortement et chutent tout aussi profondément. Montées et descentes trouvent leur cause dans un indicateur pour le moins étrange, les cours du pétrole. Il est passé de moins de 30 dollars au début de l’année 2016 à plus de 38 dollars début mars. Dans la lignée, les cours des Bourses haussent. Il n’empêche que la tendance à la baisse subsiste en fonction d’une prévision faible de la croissance mondiale. Continuer la lecture

Une loi travail pour quoi et pour qui ?

Loi El Khomri, un projet réactionnaire.

La loi dite sur le travail s’intitule en fait « loi visant à instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs », un intitulé étrange au regard de l’enjeu : remettre en cause le droit du travail, les acquis sociaux des luttes des salarié-es compilés dans le code du travail. Ces avancées sociales représentent, du point de vue des économistes libéraux – comme Philippe Alghion qui se dit de gauche et a été conseiller de Hollande ou Jean Tirole, ci-devant Prix Nobel -, des rigidités qu’il faut combattre pour permettre la fluidité des marchés même si ces marchés ne sont qu’une invention sans lien avec la réalité, comme le marché du travail. Continuer la lecture

A propos de l’annulation du cours d’économie de l’Université populaire.

Un détail en forme de grain de sable de la taille d’un gros décor…

Aujourd’hui, 28 janvier 2016 j’étais en route pour le Panta théâtre lorsque je me suis aperçu que mon téléphone avait sonné bien avant mon départ et que je n’y avais pas prêté attention. Erreur fatale comme disent les ordinateurs.
C’était le Panta qui me disait que le cours d’économie était annulé. Annulé alors que nous sommes à un moment fatidique du début d’une crise financière, c’est plus qu’une faute! Il me fallait bien me rendre à l’évidence. Il n’était pas possible de nous accueillir. Un décor encombrant devait être livré juste – évidemment ! – au moment où le cours aurait dû commencer.
J’ai dû me résoudre à vous laisser découvrir à la porte le petit mot de l’annulation.
Désolé d’autant que je m’étais préparé à ce dernier cours avant la fin mars.
Il faut bien que, dans ce monde moderne et barbare, faire de la place au risque – et non pas de l’incertitude ici – de l’annulation.
C’est assez rare pour ne pas en vouloir au Panta…

Pour tous ceux et toutes celles qui ont accès à ce site, vous pourrez lire un article que j’ai écrit récemment – en fait deux articles complémentaires – sur cette troisième crise financière.

A bientôt.

Nicolas.

Crise financière et crise économique

La troisième crise financière a commencé… dans l’indifférence générale.

Le 24 août 2015, la Bourse de Shanghai chute brutalement. Un processus de crise financière mondiale se déclenche. L’onde de choc atteint les Bourses de tous les pays développés. Comme à l’habitude depuis l’entrée dans la crise systémique en août 2007, les banques centrales sont les seules à réagir. Elles augmentent la création monétaire pour alimenter les marchés financiers en liquidités permettant la poursuite de la spéculation à la hausse. Dans un premier temps les marchés financiers se redressent et la peur disparaît. Pourtant, cette riposte ne se situe qu’au niveau de la manifestation de la crise et n’agit pas sur ses causes. La crise s’est donc poursuivie obligeant « Les Échos » à faire sa une, le jeudi 21 janvier 2016 sur « Le krach rampant », les Bourses de New York, Paris, Tokyo, Londres ayant dévissé de plus de 3%, une baisse énorme. Continuer la lecture

La crise financière et les moyens de lutte

Une politique monétaire inédite

La déflation est une réalité. Seules les banques centrales mettent en œuvre des moyens pour essayer de lutter contre elles. Sans effet. Pourtant, jamais la création monétaire n’a été aussi imposante, jamais les taux d’intérêt de refinancement n’a été aussi bas. Mais cette politique semble avoir atteint ses limites…

Les politiques économiques des pays développés, à commencer par ceux de l’Union Européenne, restent fortement ancrées dans le libéralisme économique qui leur fait obligation de l’austérité pour comprimer le déficit budgétaire. La baisse des dépenses publiques se traduit par une chute des investissements publics qu’ils soient le fait de l’État ou des collectivités territoriales. Le processus déflationniste actuel qui se traduit par la baisse des prix à la production devrait plutôt inciter les gouvernements à favoriser la croissance par un « choc » de la demande. Les gouvernements jettent un voile pudique sur la réalité en s’abritant derrière un faible taux d’inflation, de 0,1% en novembre pour la France. Continuer la lecture

Une idéologie et des politiques à mettre au rencart

Vive(ment) la reprise

Les attentats à Paris du vendredi 13 novembre représentent un tournant dans la situation politique française et, peut-être, internationale. La remise en cause des libertés démocratiques est à l’ordre du jour comme fausse réponse au contexte de conflits désormais mondialisés. Ces attentats permettent de faire oublier la politique économique du gouvernement. Les conséquences seront de faible ampleur sur l’économie française.

La question était sur toutes les lèvres et reviendra dans les débats qui viennent. La reprise économique est-elle une réalité ou une incantation de gouvernement en perte totale de boussole et incapable d’imaginer une politique différente de celle issue des préceptes du libéralisme ? Continuer la lecture

Le temps de lire, la sélection livres de Nicolas BENIES

Un polar israélien.

une proie trop facileLa littérature israélienne forcément contestataire des pouvoirs, surtout ceux de « Bibi », le premier ministre de droite qui est obnubilé par la guerre pour faire passer sa politique antisociale. Lui aussi a déclaré la guerre et d’abord aux Palestiniens pour leur refuser leurs droits… Le « terrorisme » – un terme à la mode qui permet de couvrir toutes les atteintes aux droits démocratiques – sert de paravent.
Yishaï Sarid s’est fait connaître en France grâce à ce merveilleux roman « Le poète de Gaza » (Actes Noirs) paru en français en 2011. Actes Sud récidive, toujours dans sa collection Actes Noirs, en publiant son premier roman, « Une proie trop facile » qui joue sur les apparences pour décrire un Israël de l’an 2000. Les références datent un peu mais l’écriture recouvre le tout. Une écriture simple, descriptive qui cache l’essentiel, les non-dits sur les quels repose cette société israélienne enfermée dans la guerre qui arrive mal à cacher ses divisions.
« Moi, je milite pour une cuisine simple » fait-il dire à un des personnages. Une cuisine simple est difficile. Il faut choisir avec soin les ingrédients sinon elle est banale et c’est raté. Une bonne définition de cette écriture. Simple et peu banale.
« Une proie trop facile », Yishaï Sarid, Actes Noirs/Actes Sud, 341 p., 22,50 euros Continuer la lecture

Un monde absurde

Les inégalités comme révélateur d’un monde sans avenir.

A juste raison, Bertrand Badie note dans son introduction à « L’État du monde 2016 », « Un monde d’inégalités », que « les inégalités ont du mal à s’imposer comme thème d’étude et comme objet d’action publique ». Il faut y apporter un bémol. Pour l’action des États, c’est une évidence. Les riches deviennent de plus riches et le nombre de pauvres augmente en même temps que la pauvreté s’approfondit dans l’ensemble des pays capitalistes développés; La protections sociale, en ce qui concerne la France, est de moins en moins à même d’amortir ces inégalités de revenu. Pour le thème d’étude, mis à part Piketty, les rapports de l’OFCE, « L’économie française 2016 » et celui du CEPII, « L’économie mondiale 2016 » font la part belle à la prise en compte de cette réalité. Continuer la lecture

Sous les apparences de retour de la croissance (en France), la crise

La troisième crise financière a commencé…

Depuis août 2007, première crise financière dont la traduction a été la faillite de Lehman Brothers le 15 septembre 2008, les pays capitalistes développés ont connu une profonde récession – surtout aux États-Unis – qui marquait l’ouverture d’une crise systémique. Les gouvernements, malgré des G20, une nouveauté, n’ont pas pris la mesure de cette crise aux dimensions d’une véritable crise de civilisation. Faute de réponse, l’acte II est intervenu en mars 2010 touchant cette fois prioritairement les pays de la zone euro mettant en cause directement la monnaie unique, une monnaie incomplète. De là date le surendettement de la Grèce cible de la spéculation.
L’acte III de cette crise a commencé à Shanghai à la fin du mois d’août 2015. la chute de la Bourse a eu immédiatement des échos dans les Bourses du monde entier. Les répercussions internes à la Chine seront sans doute limitées dans un premier temps. Le gouvernement chinois a réglementé les opérations possibles en Bourse – même s’il a été dépassé par le « shadow banking », une finance non réglementée – et a interdit aux banques d’intervenir sur ces marchés financiers. L’onde de choc est pourtant perceptible. Cette chute renforce l’incertitude qui se traduit par des oscillations inquiétantes des cours des Bourses. L’attention particulière accordée aux décisions de la FED s’explique par ce contexte de crise encore sous jacente. Si la Fed décide d’augmenter ses taux d’intérêt, une crise obligataire en résultera. Les propriétaires d’obligations – des parts d’emprunt – à taux zéro ou négatif s’empresseront de vendre et la chute est probable. Le dollar serait réévalué au détriment des monnaies de tous les pays émergents qui subissent la baisse drastique des cours des matières premières – à l’exception du cacao dont les cours montent – et la récession. Il pourrait en résulter une nouvelle crise de l’endettement. Le tout dans un climat de corruption qui remet fortement en cause la légitimité des équipes au pouvoir. Continuer la lecture

Histoires connectées

L’Histoire en marche.

Les Indes et l'Europe, FolioCe livre, « Les Indes et l’Europe », est un essai dans tous les sens du terme. Volonté de faire la preuve que l’Histoire de l’Europe et des pays colonisés peuvent exister l’une par l’autre, l’une avec l’autre tout en jetant les bases d’une nouvelle méthode pour tenter de comprendre les sociétés. La conclusion se veut une défense de leur orientation.
Jean-Louis Margolin et Claude Markovits, les auteurs, ont voulu construire les prémices d’« Histoires connectées », comme l’indique le sous titre. Ici il s’agit de couvrir rien de moins que 6 siècles, du 15e au 21e siècle. Leur projet : éviter l’européocentrisme aujourd’hui justement remis en cause qui avait conduit à « positiver » le colonialisme tout autant que le point de vue moral se traduisant par la survalorisation des sociétés colonisées conçues comme un éden.
Ils veulent faire comprendre que les sociétés des Indes sont multiples, qu’elles connaissent des contradictions, la violence, les guerres cependant que les colons européens s’agitent dans des systèmes différents tout en faisant la guerre entre eux pour conserver ou élargir leur territoire.
L’intérêt de cette sorte d’Histoire c’est de faire référence au contexte. Les premiers « découvreurs » venant d’Europe soit quittent définitivement leur pays d’origine et s’installent, soit, le plus souvent, n’ont qu’une envie repartir dans la mère patrie. L’Europe a développé des États de monarchie absolue qui ont déstructuré l’économie féodale tout en conservant le servage.
A chaque période, une délimitation différente des territoires pour indiques que « Les Indes » est une notion qui ne recouvre pas la même réalité suivant la construction de ces sociétés, européennes et « indiennes ». Continuer la lecture