Livres en économie

Questions autour de la crise systémique.

Bilan et perspectives de l’économie mondiale.

Comme tous les ans, le CEPII propose son état du monde économique. Cette année, le bilan sonne comme le glas de toutes les illusions de reprise. Le monde s’enfonce dans la crise financière et la récession. Les perspectives sont sombres. Après 5 ans de crise financière – elle démarre dans la nuit du 9 au 10 août 2007 – et 4 ans de crise économique, aucune lueur de sortie. Désormais, même les pays émergents sont touchés par cette crise mondiale. Michel Aglietta se livre à un curieux exercice, une projection à 2030 pour déterminer un chemin de la Chine pour devenir un pays capitaliste développé à part entière. Un dossier sur le commerce international des déchets pour rendre compte de cette nouvelle donne. Continuer la lecture

A propos du sommet européen

La zone euro, épicentre de la crise.

Le G20, réuni les 18 et 19 juin, a conclu sur ce diagnostic, l’éclatement possible (une chance sur trois disent les pronostiqueurs) de la zone euro est la question essentielle à résoudre pour sortir de la conjoncture de crise financière et de récession mondiale. Diagnostic à la fois juste, l’épicentre de la crise financière s’est déplacé des Etats-Unis – siège de la première crise en août 2007 – à la zone euro, et limité, le ralentissement de la croissance touche tous les pays y compris la Chine. La Banque de réserve fédérale américaine, la Fed, a fait le constat d’une croissance plus faible que prévu pour cette année et l’an prochain. Pour le reste, le G20 comme à l’habitude, n’a pas pris de mesures faute d’accord des grands pays du monde. Les politiques communes ne sont pas pour demain malgré le constat partagé d’une crise mondiale qui se profile dont un des indicateurs est la baisse importante des cours de matières premières à commencer par le pétrole.

Continuer la lecture

La zone euro dans la tourmente.

La crise systémique du capitalisme s’approfondit.

Les prévisions sur la croissance mondiale intègrent de plus en plus la réalité de la profondeur de la crise à la fois financière et économique. La désagrégation du système bancaire de la zone euro en est partie intégrante. Elle accentue la récession qui pourrait devenir dépression, via la déstructuration des systèmes de protection sociale qui fait baisser plus encore le marché final.

Une crise mondiale.

Les capitalistes tablaient sur la Chine et l’Inde, dans une moindre mesure, pour tirer la croissance mondiale. Ils ont donc investi massivement dans ces deux pays-continent. La croissance chinoise s’oriente à la baisse en cette année 2012 – certes, elle passe des alentours de 10 à moins de 8 mais pourrait avoir des effets politiques – et celle de l’Inde stagne. Des désinvestissements des grandes entreprises, notamment françaises, dans ces deux pays en découlent. Ces prévisions mettent en lumière les changements de la conjoncture.

La crise systémique se traduit par des crises, financière, économique, sociale, politique, culturelle dans un monde qui subit de plein fouet la plus profonde crise écologique de toute l’histoire de l’Humanité. Aucun gouvernement ne se dote d’instruments capables de lutter contre toutes ces crises. Elles exercent un effet de synergie.

Continuer la lecture

Sur quelques livres d’économie récents.

Combattre la crise.

Les joutes électorales ont été dénuées de toute référence à la crise systémique vécue par le capitalisme et même au bilan de déstructuration totale des services publics des politiques gouvernementales, aggravant la récession. La personnalité de Sarkozy, son rejet, a contribué à obscurcir la question des politiques économiques permettant le changement. La fondation Copernic, comme c’est son rôle, veut apporter des contributions à la définition de l’intervention publique dans le contexte actuel d’une conjonction de crises, financière, économique, écologique. D’une crise qui pose aussi la question de la pérennité de la construction européenne. « Changer vraiment ! » – un titre un peu trop utilisé quoique « le changement c’est maintenant » ! – propose un début de programme soumis à la critique mais qui doit intéresser tous les acteurs sociaux à commencer par nos organisations syndicales. Les auteurs – divers – ne sont pas tous d’accord et ils le disent, alimentant plus encore le débat, un débat vital pour notre avenir.

Nicolas Béniès.

« Changer vraiment ! Quelles politiques économiques de gauche ? », coordination, Jean-Marie Harribey, Pierre Khalfa et Christiane Marty, Syllepse, 138 p.

Continuer la lecture

Jazz, économie : un endroit pour s’exprimer

Bonjour,

 

Ce blog a comme fonction de publier mes articles autant sur le jazz que sur l’économie. En même temps, vous pourrez me faire part de vos commentaires et questions.

D’abord à propos du « Souffle bleu », le livre publié aux éditions C&F et, partant, sur des sujets intéressant le jazz.

A très bientôt.

 

Nicolas.

 

La panne d’avenir.

Crise systématique et restructuration du capitalisme.

La crise systémique du capitalisme qui démarre en août 2007 est loin d’être terminée. Une crise aux dimensions multiples et qui pose des questions nouvelles à la fois sur les terrains théoriques et pratiques. Contrairement à la crise dite de 1929, le capitalisme n’a pas suscité un nouveau Keynes – ni une politique économique différente – pour offrir des outils théoriques et pratiques permettant de forger des réponses adaptées à la profondeur de cette crise. Pourtant, comme pour celle de 1929, il serait nécessaire, pour comprendre le monde, d’interroger toutes les théories.
Bien que ni la théorie keynésienne, ni la politique dite du « New Deal » de Roosevelt n’ont été suffisantes pour sortir le capitalisme de cette crise fondamentale. Il a fallu la deuxième guerre mondiale pour détruire totalement le régime d’accumulation et l’ordre productif précédents et faire naître une nouvelle manière de créer des richesses s’appuyant sur la deuxième révolution scientifique et technique et le taylorisme pour augmenter durablement la productivité du travail. L’industrie automobile en deviendra la figure emblématique et le moteur de la croissance économique. La nouvelle forme – sociale et nationale – de l’Etat naît après la deuxième guerre mondiale en s’appuyant sur cette théorie et sur cette pratique pour permettre au capitalisme de se régénérer. Continuer la lecture

Entretien de décembre 2011 publié par Politis


« On est entré dans un processus d’éclatement de l’Europe »

Un nouveau traité européen devrait voir le jour en mars, décidé en quelques semaines, sous la pression des agences de notation. L’économiste Nicolas Béniès (1) estime qu’il est loin de refonder l’Europe.

Un nouveau traité européen devrait voir le jour dès le mois de mars, qui aboutit à une fracture dans l’Union européenne. Comment jugez-vous cette démarche ?

Nicolas Béniès : L’un des problèmes dans cette révision des traités européens est qu’il y a un vrai déficit démocratique. Peut-être que cela ne signifie plus grand-chose parce que l’on en parle beaucoup quand il s’agit de l’union européenne et de la zone euro, mais rappelons que la base du nouveau traité est un accord entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Le néologisme Merkozy n’est pas faux : le couple franco-allemand agit dans le cadre de la zone euro et lui impose ses vues. Il voudrait même passer par-dessus la tête des parlements nationaux pour la ratification du nouveau traité. On s’abrite derrière l’idée qu’il s’agit simplement de toiletter le Pacte de stabilité et de croissance et le traité de Maastricht, mais on impose une discipline budgétaire à l’ensemble des pays.

Continuer la lecture

UN DRAME QUI SE JOUE EN FARCE

Crise, Acte 3, scène 2

La mémoire sélective du Président.

Le dernier sommet européen n’en a pas fini de durer. A 4 heures du matin, ce mercredi 26 octobre, un accord non finalisé dans ses moyens a été annoncé. Le débat, suivant tous les journaux, a été rude. Ce fut un vrai débat. Dont Nicolas Sarkozy, dans son intervention télévisée jeudi soir – mise en image par un opérateur privé, avec deux faire valoir incapables de mise au point face aux contre vérités présidentielles1 -, n’a pas vraiment parlé tout à son souci de faire oublier ses 5 ans de présidence, la montée de l’endettement, sa politique en faveur des plus riches2 et des capitalistes, le creusement des inégalités, la montée de la pauvreté et de la précarité sous les coups de butoir d’une politique d’austérité qui ne se trouve justifiée que la volonté de conserver les trois A.3 Du coup, il a lié son sort à cette notation des agences du même nom dont les critères sont aussi insondables que leur appartenance à l’idéologie libérale et à leur incapacité de comprendre le monde, le tout se résumant dans le manque de personnel et l’absence d’enquête réelle.

Continuer la lecture

Les trois premiers actes de la crise

La crise systémique du capitalisme en actes…

Les discours sur l’austérité nécessaire pour conserver les trois « A » des agences de notation envahissent notre quotidien. Ils ont comme objectif de faire croire à l’existence d’une seule politique et à construire une chape de plomb sur les alternatives. Or, ces politiques d’inspiration libérale non seulement ne sont pas légitimes parce qu’elles s’attaquent au plus grand nombre en déstructurant les solidarités collectives mais, de plus, elles échouent à combattre et la crise financière et la crise économique sans parler de la crise écologique et climatique. Le monde bascule et les dirigeants ne pensent qu’avec des outils du passé proche, incapables qu’ils sont d’imaginer un autre avenir. La faillite de ce capitalisme est pourtant éclatante. Une société incapable de donner un emploi à tous ses jeunes et une société qui crache sur le futur.

Continuer la lecture

DICTIONNAIRE

D comme Déficit et Dette.

Lutter contre les déficits est-il ne nec plus ultra de toute politique ? Est-ce une obligation ? Quel lien avec l’endettement de l’Etat ? Avec les réactions des marchés financiers ? Le déficit public provient à la fois du budget – les recettes sont inférieures aux dépenses – et des comptes sociaux. C’est un résultat comptable. Il n’est pas directement lié à l’endettement. Tout trésorier sait que les rentrées d’argent n’ont pas les mêmes échéances que les sorties, que, pour faire face à un besoin de financement, il est nécessaire de s’endetter. Ou de « monétiser » ce besoin. Autrement dit, de s’adresser à l’Institut d’émission, la banque centrale pour qu’elle crée de la monnaie. Ce pouvoir de « battre monnaie » fait partie des droits régaliens. Il a été utilisé pendant toute la durée des « 30 glorieuses », de 1945 à 1975. A de rares exceptions près, le déficit des finances publiques a toujours existé.

Continuer la lecture