Échanges…
Le jazz trouve sur son chemin les musicien(ne)s venant d’Israël et occupant la Ville de New York pour signifier, peut-être, un renouvellement du jazz. Deux d’entre eux viennent de publier sur des labels européenne.
Un guitariste tout d’abord, Gilad Hekselman pour cet « Hearts Wide Open », des cœurs grands ouverts, qui fait penser au film de Kubrick « Eyes Wide Shut », des yeux grands fermés pour signifier l’irruption du rêve dans notre réalité quotidienne quelque fois un peu grise. Loin des yeux, loin du cœur, les yeux fermés pour ouvrir son cœur, ce pourrait être la nouvelle devise. Il nous la propose et s’essaie à l’illustrer. Le tout se présente comme une suite en 12 tableaux prologue et épilogue compris. Il n’hésite pas à aller puiser dans le fonds des standards, comme pour cette partie 7, « The Bucket Kicker » qui est une réflexion sur « Never let me go », une chanson appréciée des musiciens d’aujourd’hui à commencer par Roy Hargrove. Le trompettiste la chante – mal – à chacun de ses concerts. Ici, c’est une sorte d’antienne combattue par le commentaire du compositeur-guitariste. Il a su aussi choisir ses complices. Le saxophoniste ténor Mark Turner fait la preuve de sa maîtrise technique – ce n’est pas un scoop – mais aussi d’une capacité à faire passer des émotions. Son jeu a pris de la maturité. Il n’a plus ce besoin, que l’on trouve dans certains de ses enregistrements, de la virtuosité pour la virtuosité. Un créateur est en train de naître. Il faudra suivre Mark Turner… Joe Martin, à la basse, et Marcus Gilmore à la batterie montrent qu’ils connaissent bien les mondes du guitariste. Ils forment un vrai trio de ceux qui arriveraient à nous faire oublier que 1+1+1 = 3 et = 1