Jazz, une nouvelle venue, Nicole Glover et un trio retrrouvé


Découvri-r une saxophoniste

Nicole Glover publie son deuxième album – le premier s’intitulait « First Record », on ne saurait être plus précis – au titre en forme de définition du jazz « Memories, Dreams, Reflections » – titre de l’autobiographie de Jung. Les mémoires elle les diffuse par sa sonorité, les rêves infusent sa manière de jouer et les réflexions sur le jazz d’aujourd’hui. La saxophoniste ténor a choisi un trio, à la Sonny Rollins, un pionnier en la matière. Tyrone Allen II est le bassiste et Kayvon Gordon le batteur pour un échange intense se servant de toutes les mémoires du jazz pour aller vers de rêves forcément d’avenir. Elle corse les réflexions par le remplacement, pour deux plages, du bassiste par un violoncelliste, Lester Saint-Louis pour ouvrir d’autres portes, d’autres rêves pour faire vivre le jazz. Dans son jeu s’accumule les sonorités des saxophones du passé, à commencer par Albert Ayler, sonorités qui viennent habiter notre présent.
A écouter de toute urgence.
Nicolas Béniès
Un CD Savant

Sauvé des eaux de l’oubli
Un trio mythique dans les années 1992-93, Joachim Kühn, piano, Daniel Humair, batterie, Jean-François Jenny-Clark, contrebasse, saisi en public dans toute sa force créative. Superbe, une musique qui devrait convaincre le monde entier comme ce fut le cas ces années là, de la nécessité du jazz, d’un jazz libre qui ne connaît aucune frontière.
Je me souviens de ce trio comme si c’était hier. J’avais longuement discuté avec Jean François Jenny Clark, contrebassiste étonnant qui arrivait à faire passer dans sa musique ce qu’il était : un homme chaleureux qui n’était pas étranger à toutes les misères d’un monde qui n’en manquent pas. Sa mort, à 54 ans m’avait profondément affectée.
N.B.
Un CD Frémeaux et associés, « On Tour 1992-1993 »

Souvenir de Jean-François Jenny Clark, contrebassiste de jazz.

J’avais écrit cet article en novembre 1998 :

Jean-François Jenny-Clark est mort, en son domicile parisien des suites d’un cancer. Il avait 54 ans…

Au Revoir, JF
Un ami s’en est allé qui, pour être lointain, n’en était pas moins proche. Il ne se passait pas de jours sans que j’aie de ses nouvelles. Sa basse allait bien…
Il était un de ceux avec qui j’avais cheminé dans ces années 60, pleines de bruit et de fureurs,
Avec qui le silence s’installait pour suivre ses lignes de basse précises et fugitives comme un cœur qui se donne sans retenue.
Parler de « JF » – plus facile que JFJC -, c’est parler du jazz, de la musique contemporaine, de la France, de mai 68 – il était au Conservatoire -, des combats pour la vie,
C’est parler des trios, des jazzmen, de nous. Continuer la lecture