Fin de la séquence ouverte en 2011

Une reprise économique inédite.

Une reprise de l’économie française comme celle des grands pays développés relativement faible avec une absence de taille : l’inflation qui reste à des taux très bas, bien loin de l’objectif de 2% fixé par les banquiers centraux, (comme la FED et la BCE). L’épée de Damoclès de l’arrêt des politiques monétaires expansives pouvant provoquer une crise financière reste d’actualité.

    Vois-tu venir la reprise ?

La reprise est là ! Tous les médias le serinent jusqu’à plus soif. La croissance de l’économie française en 2016 a atteint 1,1%, elle serait de 1,7% en 2017 suivant les prévisions du gouvernement. Objectivement, c’est une bien faible croissance. Mais elle indique la sortie d’une séquence ouverte en 2011 marquée par une longue déflation et la stagnation de l’économie. Les banques centrales, la FED comme la BCE, ont jusqu’à présent répondu par une politique monétaire expansive se traduisant par une création monétaire jamais vue qui a servie à acheter des obligations d’État et de grandes entreprises associée à des taux d’intérêt négatifs. Le résultat, le blocage de la spéculation sur le marché obligataire et l’orientation vers le marché des actions. Cette politique a permis aux Etats et aux grandes entreprises de financer leurs besoins de financement à faible coût.
Pendant cette période de faible croissance économique et d’expansion monétaire, c’est uniquement parce que les marchés des actions et des matières premières sont devenus le principal terrain de jeu des spéculateurs que les indices boursiers ont pu croitre (CAC40 à Paris, DowJones à New York). Dans ce contexte, mis à part les Etats-Unis d’Obama, les politiques économiques sont restées marquées par l’austérité.
Avec la reprise économique, il reste une inconnue, un « mystère » a prétendu Janet Yellen, la présidente de la Réserve fédérale américaine : l’inflation. Dans la plupart des grands pays capitalistes développés, elle n’atteint pas la barre des 2% considérée comme nécessaire pour générer à la fois la croissance et la réduction automatique des dettes. Pour la France, elle tournera autour de 1% pour 2017 et 1,1% pour 2018. C’est un indicateur qui est souvent pris à la légère par les économistes officiels qui préfèrent saluer la poursuite de la « politique de l’offre » du gouvernement Macron à travers les annonces budgétaires pour 2018.
L’énorme création monétaire aurait dû logiquement se traduire par la montée du niveau général des prix mais elle est resté confinée au secteur financier. Les créations d’emplois auraient dû, suivant la théorie néo-classique, donner naissance à la hausse de la masse salariale. Ces théories ne tiennent pas compte de la poursuite de la tendance à la surproduction qui se poursuit et d’une crise financière latente qui n’attend qu’une étincelle. Pour lutter contre l’une et l’autres, il faudrait une politique de relance passant par l’augmentation des revenus des ménages, la lutte contre les inégalités et des investissements publics. Le plan d’investissement de 57 milliards du gouvernement est en trompe l’œil. Ce sera de l’ordre de 30 milliards compte tenu des engagements déjà inscrits dans le budget et sur 5 ans… Il aura peu d’impact en vérité. Favoriser les riches en diminuant leur imposition ne favorisera pas l’investissement. La « théorie du ruissellement » est une création abstraite de cerveaux qui ne voient pas la réalité& du capitalisme d’aujourd’hui dominé par les critères de la finance. Des riches devenus plus riches encore se tourneraient vers l’investissement productif ? Pour quelles raisons ? Aucune argumentation ne vient pour conclure au lien entre des riches plus riches et l’investissement. Pour renouer avec l’investissement productif, il faudrait d’abord l’augmentation du marché final via la hausse du pouvoir d’achat des salarié-e-s inclus les retraités sinon les profits alimentent les versements de dividende, de bénéfices distribués pour se retrouver sur les marchés financiers. La spéculation financière rapporte plus que investir productivement. L’exemple du CICE est probant. Il a permis l’augmentation des marges des entreprises mais n’a pas relancé l’investissement et, par-là même, la croissance.
Le bilan des 10 années de crise ne sera donc jamais tiré ?

Une politique dogmatique
Les ordonnances sur « le travail » accentuant la flexibilité et les négociations entreprise par entreprise ne peuvent qu’affaiblir le rapport de forces des salarié-e-s face au patronat et, ainsi, accentuer la précarité et la baisse des salaires. Il faut ajouter les mesures fiscales de hausse de la CSG qui diminueront automatiquement le pouvoir d’achat des retraités et des fonctionnaires. Les salarié-e-s du privé devraient bénéficier en contre partie de cette hausse de la CSG, la baisse ou la disparition des cotisations sociales. Le gouvernement prétend qu’ainsi le pouvoir d’achat augmenterait C’est sans compter sur les patrons qui profiteront de la dégradation du rapport de force entreprise par entreprise pour baisser le salaire direct. Le seul gagnant est… le patronat !
Au total, au vu du projet de budget, le gouvernement joue la poursuite de la récession en déprimant le marché final… installant la déflation résultant de la surproduction des marchandises. L’inflation ne sera pas de retour et Janet Yellen devra creuses le mystère qui n’existe que pour elle.
Si la FED, comme annoncé, décide d’augmenter plus encore ses taux d’intérêt – son taux directeur est actuellement de 0,75%, il était à zéro début 2016 -, l’effet dépressif sur la croissance et les marchés financiers se fera immédiatement sentir pour ouvrir la porte à l’explosion d’une nouvelle crise financière combattue jusque là par une politique monétaire inédite faite de création monétaire et de taux d’intérêt négatifs. Des réponses en dehors des dogmes des théories néo-classiques pour appréhender la dimension de la crise financière et économique à venir.
Nicolas Béniès.

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