A l’automne, les festivals de jazz se ramassent à la pelle… (2)

Ne dîtes jamais « jamais » !

Nevers, dans la Nièvre, se trouve aussi en Bourgogne. Mais ce n’est pas de vin dont il s’agit même si l’ivresse sera là, mais de jazz. Pour la 28e année s’organise dans cette ville un festival de jazz, « D’Jazz Nevers Festival » au programme pléthorique. Roger Fontanel, organisateur, ne recule devant rien. Des séances de cinéma gratuites, des concerts, des conférences – sur la première guerre mondiale -, des rencontres avec le (les ?) public(s), des initiatives vers le jeune public, des expositions… Le jazz envahit Nevers qui ne pourra jamais dire jamais au jazz…
En une semaine, j’ai compté 38 possibilités d’entendre ou de voir du jazz et des musicen(ne)s, une sorte de record. Ce n’est pas là l’essentiel.

Il offre une sorte de panorama du jazz actuel, notamment européen à quatre exceptions près – et pas des moindres -, Kenny Garrett d’un côté qui fera l’ouverture le 8 novembre, Steve Swallow quintet « featuring Carla Bley », Bill Frisell – son nouveau projet « Guitar in the space age » mêlant références du rock des années 1970 et Charlie Christian – et Omar Sosa qui fermera cette édition le 15 novembre.
Médéric Collignon, trompettiste fantasque et musicien accompli, sera un des grands invités de cette édition. Il est l’objet d’un film et donnera un concert dont le thème sera « MoOvies » (sic), référence au cinéma et à autre chose à n’en pas douter. L’autre invité important sera le saxophoniste, élève de Dave Liebman Jean-Charles Richard et son trio.
Il ne faudra pas rater – dans l’absolu, il ne faudrait rien rater, le programme est alléchant -, le nouvel ONJ, direction Olivier Benoît, le duo Sébastien Boisseau (contrebasse) et Matthieu Donarier (saxophones) pour une musique aventureuse, l’hommage à Allain Leprest (un film), Théo Ceccaldi trio – un violon, un violoncelle, une guitare -, Jacques Schwartz-Bart, saxophoniste, qui évoque Haïti et, pour une musique d’un temps à venir le « East-West Trio ». Didier Petit, violoncelliste et créateur du label « In Situ » – reconnaissable à son manteau rouge – avait créé une sorte de sensation à Hong Kong, au festival French May en 2009. Son trio, Xu Fengsia (en fait, il faudrait inverser, le nom vient avant le prénom), joueuse de guzheng – une sorte de cithare sur table – au centre des improvisations et Sylvain Kassap aux clarinettes pour des musiques inspirées du compositeur Théodorico Pedrini, aussi luthier de l’empereur de Chine dans le courant du 18e siècle. Une sorte de passerelle entre les cultures. Une musique vivante, une volonté d’aller voir ailleurs pour créer d’autres univers. Didier Petit aime l’inattendu. Suivez le, vous ne le regretterez pas. Si vous ne pouvez pas aller à ce concert, un album existe, « East-West trio, The Shanghai sessions », In Situ.
Nicolas Béniès.
« D’Jazz Nevers », du 8 au 15 novembre, rens. 03 86 57 00 00, djazznevers.com

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