Autour des festivals.

Jazz en Baie…

Un invité surprise de « Jazz en Baie » (du 5 au 16 août, dans la Baie du Mont Saint-Michel) : Steve Grossman.
Le saxophoniste ténor, né à Brooklyn le 18 janvier 1951, a eu une carrière en dents de scie tout en participant à des expérimentations importantes notamment aux côtés de Miles Davis. Il reste pourtant profondément ancré dans la tradition dite du hard bop mâtinée de toutes les évolutions du jazz depuis le milieu des années 50. Il est impossible, dans le jazz, de répéter mécaniquement le passé. Steve s’est construit un style. Du coup, il est inclassable. Tellement qu’il peut être classé dans toutes les catégories répertoriées. Sur Wikipedia, Dans la case « genre » on peut lire « jazz, hard bop, bebop, cool jazz, modal, fusion, third stream – le troisième courant qui veut associer jazz et musique classique ou musique contemporaine. Le genre « jazz » me fait frémir…
Steve, pourtant, ne fait pas partie du gotha du jazz, ceux et celles que citent spontanément les amateurs de jazz mais il conserve une sorte d’empathie avec le public. Il est à l’aise dans des environnements différents.

L’entendre de nouveau est une joie sans partage. Même si son jeu peut décevoir quelquefois, il ne triche pas. Cette manière d’être lui-même en toute circonstance le rend attachant. Peu de musiciens ont son histoire.
Un album à conseiller. Pas son meilleur, mais j’aime bien cette rencontre entre Steve Grossman et Harold Land enregistrée en 1992 et publiée par « Dreyfus Jazz » en 2007. Harold Land nous a quittés depuis. Un saxophoniste ténor très sous-estimé – comme Steve lui-même – qu’il faudrait redécouvrir. Son album, The Fox » devrait faire partie de toutes les discographies.
Associer Steve Grossman à Peter King, saxophoniste alto né le 11 août 1940 en Angleterre – on pourra fêter son anniversaire – peut être une bonne idée. Peter King n’est pas très connu de ce côté du channel. Il serait donc temps de le reconnaître pour qu’il est, un altiste d’une grande technicité et d’un feeling énorme jouant dans la tradition du bebop et de celle d’avant. Avec une sincérité qui fait toute la différence. Il ne répète pas, il s’inscrit dans une culture.

Jacky Terrasson, pianiste, sera aussi de cette fête « Jazz en baie ». Son dernier album, « Gouache » (Universal Jazz France), paru en 2002, faisait entendre Cecile McLorin Salvant et… Stéphane Belmondo qui jouera avec lui dans le cadre de ce festival. La musique du pianiste se veut un pont entre toutes les traditions du jazz, l’européenne et l’américaine.

Airelle Besson, trompettiste – désormais en résidence pour deux ans à Coutances – est aussi invité à ce festival. Elle fait partie du « Didier Levallet Quintet » qui vient de faire paraître « Voix croisées », nom du projet. Ce quintet réunit, outre Airelle et Didier, Céline Bonacina aux saxophones (baryton dont elle est une spécialiste, alto et soprano), Sylvaine Hélary aux flûtes (qu’il faut découvrir) et François Laizeau à la batterie. Un album Evidence/Frémeaux et associés qui permet de découvrir un son de groupe et le talent de ces artistes. Les compositions du bassiste, Didier Levallet, sont habitées par la mémoire du jazz, celle de Mingus en particulier.
Sur la scène de Jazz en Baie, Airelle Besson sera en compagnie de Nelson Verras.

Programme détaillé sur www.jazzenbaie.com.

Nicolas Béniès.

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