U. P. Jazz des 3 et 10 mai 2017

Bonjour,

Terminer l’année – la notre, celle de l’UP, pour le reste cette année 2017 semble interminable et si je peux me permettre ce n’est pas fini… – en beauté est toujours difficile. Surtout sur la côte ouest où le soleil fait semblant de briller où le pont de San Francisco attire tous les regards – souvenez vous d’un James Bond avec un Roger Moore vieillissant et un superbe « Requin » – ou sur Hollywood Boulevard à la recherche des stars perdus qui, souvent, ont laissé des traces, des mains par exemple. Ou partir dans le ghetto noir de Watts en compagnie de Walter Mosley et de Charles Mingus, contrebassiste, pianiste et compositeur avant qu’il n’émigre à New York. Ces contrées sont très fréquentées. Noirs et Blancs se partagent « La Scène ». C’est le titre d’un polar de Clarence Levi Cooper, un quartier de drogués et de dealer de New York mais qui peut se transposer à Los Angeles dans ce milieu des années 50.
Pour ces deux dernières, bien placées dans l’entre deux tours, je vous propose un spécial saxophone ténor.

J’en entends qui disent « ce n’est pas trop tôt ». Chanteuses, Big bands d’accord mais les « Frères de la côte » annoncés dans la présentation du début, personne ne les a encore entendus. Pas tout à fait vrai. pas une « fake new » mais presque. Tous ces saxophonistes ténors sont présents dans les grands orchestres que ce soit celui de Woody Herman et de Stan Kenton ou encore de Gerald Wilson, de Marty Paich… C’est vrai que Al Cohn, Zoot Sims ont constitué des groupes de deux, trois, quatre saxophones ténors sous le nom de « Brothers » comme résultat de la composition de Jimmy Giuffre – un autre frère, clarinettiste et saxophone baryton, un peu ténor et beaucoup compositeur qui tient d’Emerson le goût pour la nature en habitant un moulin à proximité du train et de la rivière, nom de sa composition aussi célèbre que « Four Brothers ». Cette phrase un peu longue pleine de pièges est un peu illisible je le reconnais.
Avant de rencontrer ces « frères », je vais, une fois encore, prolonger la session précédente. Deux Big bands oubliés. Le premier est d’un vibraphoniste, Terry Gibbs et le second – seulement deux – d’une pianiste qui avait épousé son prof, le saxophoniste alto Charlie Mariano, Toshiko Akiyoshi. Elle avait été influencée par Bud Powell et a ouvert les oreille à Mariano qui a été étudié les rythmes japonais et l’Inde comme l’époque – les années 60 – l’y invitait.
Toshiko nous entraîne au-delà de la Côte Ouest tout en restant sur les côtes du Pacifique. Elle arrivera à se servir de sa tradition japonaise pour enrichir le jazz et ses arrangements pour son big band qu’elle conduira avec son nouveau mari, un saxophoniste/flûtiste, Lew Tabackin.
Pour faire d’une pierre trois coups, Charlie Mariano sera l’arrangeur de l’orchestre de Toshiko enregistré au Japon en 1965. L’album Vee Jay sera intitulé « Toshiko Mariano and her Big Band ».
Un exemple, extrait de cet album, Santa Barbara, une composition de Charlie Mariano. Solistes invités, Paul Chambers, contrebasse, Jimmy Cobb (dr)

Deuxième exemple, extrait de « Long Yellow Road », co-leader Toshiko Akiyoshi et Lew Tabackin, Opus n° Zero

De tous ces saxophonistes – aussi flûtistes, bassons, hautbois, french horn et autres – classés west coastesrs n’en sont pas originaires. Stan Getz est né à Philadelphie, « Zoot » Sims et Al Cohn à Brooklyn (New York), Teddy Edwards dans le Mississippi, Richie Kamuca à Philly, Bud Shank dans l’Ohio (photo à gauche), Bob Gordon à Saint Louis dans le Missouri (photo de droite, en 1947 ou 48) Harold Land à Houston et a grandi à San Diego, Wardell Gray né à Oklahoma City et a grandi à Detroit pour donner quelques exemples. J’ai déjà évoqué « Buddy » Collette né lui dans le ghetto de Watts comme son ami Charles Mingus, Dexter Gordon à Los Angeles où son père était dentiste (dans sa clientèle Duke Ellington…) pour indiquer les west-coasters d’origine. Dex notamment qui a joué un très grand rôle dans le développement du be bop sur la côté ouest. Son importance a été sous estimée pour cause de séjours répétés au pénitencier de San Quentin. Son retour en 1960 fut permis par Cannonball Adderley qui l’enregistra pour Riverside. Blue Note prit la relève mais c’est surtout en Europe qu’il vécut et où il fit carrière. Jusqu’au film de Tavernier et le fameux « Aimez-vous le basket ball ? « …

Nicolas Béniès (à suivre bien évidemment)

Je vous parlais de l’orchestre de Terry Gibbs, un Big Band très connu dans la fin des années 50 début 1960. L’album « The Exciting Terry Gibbs Big Band « Live at the Summit in Hollywood » (Mercury au départ) a été souvent réédité notamment par Fresh Sound. En voici deux extraits (le deuxième provient du LP « Explosion » souvent réédité en même temps que le précédent, enregistré aussi au Summit, en janvier et avril 1961), même orchestre.

Day in Day out, solistes Terry Gibbs, vibraphone (vib), Conte Candoli (tp) et Bill Perkins (st), arrangé par Bill Holman

et « Sleep » – mais je ne sais pas si cette composition fait dormir de Earl Lebig, le grand en français… – arrangé par Manny Albam, solos de Pat Moran – écoutez bien cette pianiste -, Terry Gibbs, Conte Candoli

Un exemple du premier style de Charlie Mariano, extrait de « The swingin’ CM » (Bethlehem), 1954, The very thought of you.

Je vous ai fait entendre le 3 mai ce duo de clarinettes, Al Cohn/Zoot Sims, de 1957 « Two Funky People que je vous mets ci-après, avec Mose Allison au piano

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *