Nouveautés Jazz, à propos de guitare


La guitare dans tout son état.

Le temps ne fait rien à l’affaire ! Un quartet constitué en 2004 en Provence qui se fait connaître et enregistre enfin à Remi Charmasson, Drew Gress, André Jaume, Tom RaineyMontpellier un album, « Fly Baby Fly » – tout un programme ou plutôt un plan de vol à la Peter Pan – pour marquer le moment de leur rencontre devrait logiquement faire partie des rééditions. Il n’en est rien. L’album n’est pas sorti. Pour des raisons inexpliquées mais le manque d’argent devrait en être une… Finalement, l’année 2013 pour ce quartet conduit par le guitariste Rémi Charmasson, est une année de grâce. Le label AJMISERIES nous le livre. Cette musique n’a pas vieilli. Les musiciens réunis ne l’auraient pas permis.
André Jaume natif de ce Sud de la France a lié une amitié exigeante avec Rémi Charmasson natif d’Avignon, une amitié qui s’entend sur les albums du label créé par Jaume, CELP, label défunt. Saxophoniste et clarinettiste basse marqué à la fois par la Méditerranée et ses cultures et par sa fréquentation de Barre Phillips, contrebassiste, de Joe McPhee, trompettiste et saxophoniste, un musiciens original et un peu ignoré, de Jimmy Giuffre avec qui il a tourné et enregistré ou Charlie Mariano… André Jaume sait ce que jazz au pluriel veut dire. Drew Gress, devenu un des bassistes de référence et Tom Rainey, batteur sont, déjà en 2004, une rythmique américaine connue.
Ce quartet oppose/réuni deux équipes. Le dialogue, la conversation est ce qui fait le prix de ces compositions le plus souvent dues à la plume des participants, à l’exception notable du premier thème, « Fushia norval » du saxophoniste classé dans le free jazz, un saxophoniste superbe pourtant à l’imagination fertile mort à 60 ans juste avant l’enregistrement de cet album le 19 septembre 2003, Frank Lowe. Une sorte d’hommage. Un hommage nécessaire qui devrait inciter à réécouter le saxophoniste.
Rémi Charmasson semble avoir tout digéré de la guitare de jazz. Django, Charlie Christian, les guitaristes des années 50 – Wes Montgomery bien sur mais surtout Kenny Burrell – jusqu’à Frank Zappa ou Jimi Hendrix évidemment.
Un album enregistré plus récemment sur le même label, Ajmiseries, par le Rémi Charmasson quintet – Laure Donnat, vocaliste, Perrine Mansuy au piano, Bernard Santacruz à la basse et Bruno Bertrand à la batterie – fait la preuve de ce compagnonnage tout en témoignant de la prégnance et de l’actualité du guitariste-compositeur classé dans le rock mais Réli Charmasson quintetqui pourrait tout autant faire partie du Panthéon du blues ou de celui du jazz. « The Wind Cries Jimi » est le titre de cette évocation de ses thèmes – sauf deux dont le dernier, « People get ready » avec comme invité le guitariste Julien Gaillard – réalisé en avril 2012. Il manque ici la violence, la colère, la folie qui faisait le propre de Jimi Hendrix. Une manière peut-être de découvrir le compositeur… Et des musicien(ne)s capables d’habiter ce monde étrange.
Nicolas Béniès.
« Fly Baby Fly », Rémi Charmasson, Drew Gress, André Jaume, Tom Rainey et « The Wind Cries Jimi », Rémi Charmasson quintet, Ajmiseries distribué par Absilone/Socadisc.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *