Essai d’histoire culturelle à travers chanson française et rock

Histoire culturelle française.

Frémeaux et associés nous propose un voyage dans les temps. D’abord en compagnie de l’orchestre de Ray Ventura, en trois CD et trois périodes : « 1928-1934 » soit les prolégomènes, « 1935-1940 », la gloire, l’esprit des temps avec « Tout va très bien Madame la Marquise » un véritable hymne national et « 1946-1956 », une sorte de fin en feu d’artifice avec l’arrivée d’un guitariste plein de jazz, Sacha Distel, le neveu. Une plongée nécessaire, une reconnaissance d’une histoire aussi intéressante que l’histoire officielle. Denis Lallemand nous présente Ray Ventura et quelques-uns des collégiens – c’est le nom de l’orchestre souvenir de jeunesse à Janson De Sailly – ainsi que Paul Misraki, compositeur de génie qui a su saisir les sentiments de la période de ces années 1930. On ne peut comprendre ni le Front Populaire ni la chanson française de l’après guerre comme la force du jazz, son importance dans la culture française sans écouter cette musique à la fois joyeuse et triste comme celle de Trenet qui s’en inspirera.

Ensuite une «  anthologie du rock français 1960-1962 », pour nous plonger dans ces années qui a vu l’émergence des « teens », de ces ados construits autour de l’obligation scolaire en quête d’une reconnaissance sociale qui passera par cette musique qualifiée de sauvages. Mai 68 aurait sans doute été différent sans le rock – à ne pas confondre, les auteurs du livret et de la sélection, François Jouffa et Pierre Layani y insistent à juste raison avec les « yéyés » qui arriveront après -, sans ces jeunes gens et jeunes filles, sans ces groupes portant des noms de publicité comme « Les chaussettes noires » subventionné par Stemm. Johnny Hallyday, sur Vogue, un label dédié au jazz, marquera l’entrée dans cette nouvelle ère pour la France.

N.B.

« Ray Ventura et ses collégiens 1928-1956 », présenté par Denis Lallemand ; « François Jouffa présente une anthologie du rock français, 1960-1962 », Frémeaux et associés distribué par Socadisc.

Publié dans la revue de l’École Émancipée.

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