Mémoire vivante de la radio et de la chanson.

trénetTrénet et Barbara, l’ancien et la nouvelle

Dans ce milieu des années 1950 Charles Trénet a récupéré sa place dans la chanson française. Il compose, en 1957, « Le jardin extraordinaire », titre de ce 11e album de ses aventures qui couvre – mal, dans le 12e on aura droit à sa prestation sur la scène d’un grand music hall – les années 1955-57. Un jardin qui restera dans toutes les mémoires à l’instar des autres grands succès du « fou chantant », surnom qu’il avait gagné dans ces années 1937.. Pourtant, « Gangsters et documentaires », de cette même année, est aussi un petit chef d’œuvre…

Les découvertes portent sur la reprise des émissions de radio, « Ping-Pong » d’avril à septembre 1956 avec ce qu’il faut de parasites et de défauts inhérents à la retransmission de ce temps, qui semble à la fois si près et si lointain. Une inquiétante familiarité en quelque sorte. Des documents qui à la fois permettent ce retour sur une époque finie et d’entendre les chanteurs qui restent de tous nos temps, à commencer par Gilbert Bécaud, « M. 100 000 volts » comme on l’appelait dans ces années-là.

Ce coffret, présenté comme les précédents par Daniel Nevers « qui se souvient… », offre aussi les prestations de Guylaine Guy, une québécoise qui chantait – et bien – Charles Trénet et a partagé l’affiche de l’Olympia avec… Louis Armstrong !

Il faut prévenir, la qualité sonore n’est pas toujours respectée. Le travail de mémoire, la nécessité de l’histoire culturelle – qu’il faut connaître pour se connaître – suppose quelques sacrifices.

 

Ce milieu des années 50 voit aussi la découverte de celle qui deviendra l’égérie de toutes les réconciliations, de tous les amours perdus et de quelques-unes des pulsations du temps, de ce temps éternel, Barbara. Elle commence à se faire connaître en interprétant Brassens et Brel, accompagné d’un jazzman hongrois qui traîne à Paris avant de devenir clochard à New York, Elek Bacsik. Ce guitariste deviendra une vedette parisienne au début des années 1960. Le jazz est partout en cette période et influence toute la chanson française. Il est partie-prenante de l’inspiration de cette auteure/compositeure/pianiste/interprète.

Dans cette rétrospective des premiers pas de Barbara, premiers pas dans l’industrie phonographique s’entend, Olivier Julien – auteur aussi du livret, d’une justesse émotionnelle qui fait la démonstration de l’aura de Barbara – reprend ses enregistrements réalisés alors qu’elle est enfin engagée au cabaret « L’écluse ». Elle a 25 ans et il lui faudra encore franchir bien des obstacles…

En 1961, elle ose interpréter ses propres compositions dont ce cri d’amour, « Dis quand reviendras-tu ? » et c’est le début d’une gloire qui ne se démentira pas et une grande histoire d’amour avec le public, « ma plus belle histoire d’amour, c’est vous »… mais c’est pour la suite…

Pour conclure, ce premier acte – parce qu’il faut une suite -, Olivier Julien propose une sorte de panorama des influences que Barbara a revendiquées. Dans le même mouvement, apparaît l’originalité de la chanteuse/pianiste dans sa manière de s’approprier ces chansons… Un coffret nécessaire, vital.

Nicolas Béniès.

« Intégrale Charles Trénet, « le jardin extraordinaire », 1955-1957, volume 11 », présenté par Daniel Nevers, coffret de 2 CD ; « Barbara (1955 – 1961), présenté par Olivier Julien, coffret de 3 CD, Frémeaux et associés.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *