La littérature chinoise, esprit des temps


Une Chine, des Chine ?

La littérature chinoise connaît une grande vogue. Elle permet de lire de grands auteur(e)s traumatisés par la dite « révolution culturelle » et par les massacres – dont il ne faut pas parler – de la place Tien an men. La collection « Bleu de Chine », fondée par Geneviève Imbot-Bichet, permet de se faire une idée à la fois de l’activité littéraire de cet immense territoire et des communautés existantes. Avec ce recueil de nouvelles, « La rivière des femmes », c’est toute une partie inconnue de ce pays qui se dévoile, une minorité nationale, les Hui, des Chinois islamisés, résultat des migrations semble-t-il. Une première originalité. La deuxième c’est que cette communauté vit loin de l’urbanisation rapide qui secoue les grandes villes, le long de cette rivière Quingshui, une rivière vivante charriant le murmure du temps. Les deux auteurs, Li Jinxiang et Shi Shuquing sont nés en 1968 et 1969. La troisième, et non la moindre c’est de découvrir des auteurs qui savent raconter une histoire avec les riens qui font la vie qui passe. Il est impossible de rester insensible à cette femme qui transporte de l’eau de la rivière à chez elle, vivant chez sa belle-mère… ou de cette femme morte d’avoir prêté cinq yuans à une femme qui vient de mourir… Chaque nouvelle est un condensé de notre humanité… Il faut lire ces romanciers pour entrer dans leur monde et s’apercevoir qu’ils parlent aussi de nous.

N.B.

« La rivière des femmes. Anthologie des nouvelles Hui », Li Jinxiang, Shi Shuquing, traduit, présenté et annoté par Françoise Naour, Bleu de Chine/Gallimard, 201 p.

 

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