Un Etranger étrange

Littérature et BD.

Illustrer « L’étranger » de Camus pouvait sembler soit une gageure, soit suicidaire soit tout simplement raté. José Muñoz, il ne faut pas craindre de le dire, réussit un coup de maître. Il avait déjà fait la démonstration de son talent avec un « Billie Holiday » de très belle facture. Ici, il récidive pour déplacer le mystère de cet homme, Meursault, assassin étranger à son acte. Un roman philosophique s’il en fut mais qui vit par le soleil de cette Algérie, celle d’Albert Camus en train de vivre les premiers soubresauts assassins de la décolonisation. Rien n’est expliqué, tout est obscur. On sait que trop de lumière aveugle et il fallait le Noir et Blanc du dessinateur – qui répond en même temps à une nouvelle typographie/présentation du texte – pour lui donner un autre sens. Du coup, le texte prend une autre dimension, il s’offre une sorte jeunesse. Au sens propre, il se redécouvre. En plus, c’est un bel objet, réussi.

N.B.

« L’étranger », Albert Camus, accompagné des dessins de José Muñoz, Futuropolis/Gallimard.

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