A Nat Hentoff

Un critique ouvert et intelligent.

Vous avez sûrement vu ce film de Woody Allen, « Accords et désaccords » – « Sweet and Lowdown » pour le titre original – qui racontait l’histoire d’un guitariste amoureux fou de Django Reinhardt, Emmett Ray qui n’arrive pas à rencontrer son idole : il tombe en pâmoison et le rate. En même temps, il se considère comme le plus grand guitariste après Django bien entendu.
Ce film est présenté à la manière d’un documentaire sur un musicien de jazz. A l’américaine la présentation avec interviews de témoins et l’appui d’un critique de jazz. Un homme avec une grande barbe poivre et sel qui commente, sérieusement, la carrière de ce drôle de type qu’incarne Sean Penn qui a participé au scénario.
Ce critique de jazz est vrai critique de jazz, Nat Hentoff. Il ne joue pas son propre rôle mais celui de la critique de jazz dans toute son acception et son abstraction. Une critique qui se prend au sérieux alors que ce ne fut pas le cas de Nat qui a toujours su conservé une distance et de l’humour.
Revoir ce visage est nécessaire au moment où il disparaît du monde. Il est mort le 7 janvier de cette année 2017 qui, décidément, commence bien mal.
Voilà ce qu’écrit Michaël Cuscuna, dans la Gazette de Mosaïc Records – un label américain indépendant qui réédite sous forme de coffrets le patrimoine du jazz, avec un livret indispensable à tous ceux et toutes celles qui s’intéressent au jazz :
« After several years of ill health, Nat Hentoff died at the age of 91 on January 7, 2017. His accomplishments as a writer and journalist on the jazz and political are well known. His value as a social commentator was evident in the fact that he angered partisans on the right and the left. Nat was blessed with an exceedingly brilliant mind and a generous, gentle soul. He lives on in his published work. »
Et de livres, Nat en a écrit beaucoup mais ils ne sont, en général, traduits en français.
Il a été aussi le responsable d’un label dont la durée de vie a été de 9 mois en 1960-61, Candid, devenu aujourd’hui mythique tellement Nat a saisi l’avant-garde de cette musique contemporaine de nos émois. Le mécène avait nom de Archie Bleyer et Candid était une filiale de Cadence Records qui avait aussi une revue. Ce label a été ensuite repris par une firme britannique. Pour différencier, il faut regarder les dates, 1960 et 1961… Les musiciens ont nom – voir quelques pochettes qui illustrent cet hommage – Richard Williams, Cal Massey, Clark Terry, Booker Little, Don Ellis pour les trompettistes, Steve Lacy, Cecil Taylor et surtout Charles Mingus…
Il avait 91 ans.
Nicolas Béniès.

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