Rencontres-collages de cultures.

Musiques et paroles

Hubert Dupont est bassiste pour ceux et celles qui l’ignoraient encore. Mais aussi compositeur et architecte d’univers sonores. Le jazz n’est, pour lui, qu’un des affluents de la musique en train de se faire. On sait bien, depuis « Tintin » au moins, qu’il ne faut pas confondre tous les Dupont… Il faut mettre celui-là à part…
Dans ce nouvel album, enregistré en public, il confronte deux types de poésies, de slams. Celui de Mike Ladd, un Étasunien parisien, et celui de Ibrahima Diassé venant de la tradition sénégalaise, le tassou « un slam traditionnel en wolof » – pour citer la présentation -, le wolof étant une des langues importante de nations africaines. Hervé Samb est à la guitare, Naïssam Jalal est à la flûte et Maxime Zampieri à la batterie – un long solo lui est dévolu sur « Baisse la clim », une manière de rendre compte des mutations climatiques – pour construire les murs de cette maison non terminée. Le toit est inexistant par volonté. Pour ne pas s’enfermer.

L’échange parlé, scandé se fait sur le mode revendicatif. La révolte est à fleur de peau et s’inscrit quasi littéralement dans notre monde de l’après 11 janvier 2015 même si cet album, bien sur, été enregistré avant.
L’univers est en lambeaux. Il faut reconstruire des identités, des cultures communes. Le projet est net. Un projet qu’il est nécessaire de partager même si cette musique, ce collage de références, de mémoires est plus entraînante sur scène que sur disque. « VoxXL » dit bien son nom. Les voix sont ici présentes. Parfois trop mettant de côté des instrumentistes qu’on regrette de ne pas entendre davantage. La scène a ses exigences qui sont celles du public, de ses interactions avec les musiciens. On regrette qu’il n’y ait pas la vidéo qui permettrait de participer pleinement à cette effervescence.
Il faut entendre ces compositions pour tenter de répondre à ce basculement du monde que nous sommes en train de vivre, pour forger une musique – des ? – musique du 21e siècle. Il est impossible de se contenter de répéter le passé… Une tentation visible dans cette atmosphère postmoderne !
Nicolas Béniès.
« VoxXL », Hubert Dupont, Ultrack, distribution Muséa

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