Nouveautés Jazz (6)


L’ancien et le nouveau Outre Rhin. (1)

Le jazz en Allemagne existe. Il faut le rencontrer. BuJazzO est BujazzOun regroupement, une école où se forment les jeunes musicien(ne)s – beaucoup de musiciennes – au jazz sous toutes ses formes. Un vivier qui a fêté en 2013 son 25e anniversaire. Double Moon Record propose sous le titre évident « BuJazzO 25 », un double album qui se partage en un Big band jouant au « Jazz Band Ball », sous la direction de Jiggs Whigham pour rendre un hommage vivant aux grands arrangeurs comme Bill Holman, Marty Paich, Francy Boland entre autres avec un enthousiasme communicatif et un autre, conduit par Niels Klein pour introduire la « Next Generation, avec des compositions originales.
Le premier CD ne déroutera pas les habitué(e)s des grandes formations, le deuxième permettra de se faire une idée des développements récents de ces grandes formations et de ces musiciens capables d’ouvrir des portes pour apporter leur pierre à un édifice mouvant.
Une découverte nécessaire.
Nicolas Béniès.
« BuJazzO 25 », Double Moon Records, info@doublemoon.de

L’ancien dans le nouveau Outre Rhin (2)
Faire cohabiter un guitariste qui reste dans la tradition du Dombert's Urban Jazzjazz, avec sa pulsation, ses références, les grands guitaristes américains en l’occurrence, Andreas Dombert en l’occurrence (compositeur essentiel de cet album « 16/8 ») avec des instruments électroniques utilisés par Peter Sandner, un saxophone entre tradition et modernité regardant du côté de Brecker, un contrebassiste, Hennig Sieverts responsable du « groove » et un batteur qui mêle tous les rythmes plutôt dans la lignée du rock que du jazz, Matthias Meusel, n’est pas spécifiquement allemand. Comme le nom du groupe l’indique, « Dombert’s urban jazz », il s’agit d’un jazz urbain d’aujourd’hui, portrait de ces villes qui ne sont plus accueillantes, des villes détruites par les crises successives où les services publics ont déserté. En Allemagne comme dans tous les pays capitalistes développés. Il n’est que de voir la faillite de Detroit.
Ce collage de toutes les musiques issues du jazz est un bien commun à beaucoup de groupes contemporains. La question est de le rendre vivant. La plupart du temps, ils y arrivent faisant appel à des voix d’outre tombe pour corser le tout. Voix d’outre tombe qui correspondent à notre monde incapable de sortir des ornières du passé.
Une musique de notre temps. Quelque fois un peu trop. Elle utilise un peu trop les défauts des musiques techno d’aujourd’hui qui semble faire de l’augmentation des décibels leur marque de fabrique. Heureusement, les plages de calme relatif cohabitent avec ce « boum boum » par trop habituel.
Nicolas Béniès.
« 16/8 »,  Dombert’s urban jazz, Double Moon Records, info@doublemoon.de

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