Quel avenir pour la zone euro ?

SAUVER L’EURO ! OUI, MAIS COMMENT ?

La zone euro n’en finit pas de prendre des décisions historiques pour éviter son éclatement. Toujours à contretemps. La dernière en date, le 6 septembre 2012, Mario Draghi, Président de la BCE annonce que la BCE achètera « sans limites quantitatives » des obligations d’Etats sur les marchés secondaires, soit des obligations d’emprunts déjà émises et faisant l’objet de spéculations sur les marchés financiers. Il ne propose pas – encore , – d’acheter des obligations d’emprunts nouveaux négociées sur le marché appelé primaire. Pour le moment, et en lien avec cette décision de la BCE, les taux d’intérêt des dettes souveraines sont orientés à la baisse. Pour l’Allemagne et la France, ils sont même négatifs. Autrement dit les opérateurs financiers paient pour mettre leurs capitaux à l’abri.

La décision de la BCE est assortie de conditions. Les Etats doivent respecter, si on lit bien l’implicite des déclarations de « Super Mario », les critères du nouveau traité dit « TSCG », le Traité de Stabilité, de Convergence et de Gouvernance, lié au MES, Mécanisme Européen de Stabilité, se traduisant par un approfondissement des politiques d’austérité. La plupart des économistes – y compris ceux des « Echos » – dresse pourtant un bilan négatif de ces politiques qui tuent toute possibilité de croissance et enferme les pays dans la récession sinon dans la dépression.

Cette mesure de rachat pourra-t-elle sauver l’euro ? Momentanément sans doute. Les marchés financiers sont rassurés. La BCE garantit le remboursement de toutes ces dettes accumulées et, surtout, que le cours du marché des obligations d’Etat, de la dette publique, ne chutera pas. Pour le dire brutalement, elle ouvre la porte à une spéculation « tranquille ». Ces rachats pourraient aussi permettre une annulation d’une partie de la dette en cas de flambée financière. Du coup, « les marchés croient à la fin de la crise financière » (Les Echos du 17/9/2012) sans s’apercevoir que les causes mêmes de cette crise ne sont pas réglées. Ils auraient dû fêter un anniversaire, celui des 5 ans de cette crise qui se déclenche dans la nuit du 9 au 10 août 2007, pour l’analyser, la comprendre. Les Etats de la zone euro – comme tous les autres – ont cherché à sauver leurs banques après la faillite de Lehman Brothers le 15 septembre 2008 en prêtant massivement des liquidités provenant des marchés financiers transformant ainsi la dette privée en dette publique. La BCE n’aurait pas dû permettre la spéculation sur la dette souveraine grecque, début de cette crise qui menace l’existence même de cette monnaie unique. Elle intervient trop tard et les gouvernements font un diagnostic erroné de la situation économique. C’est la récession, comme l’indique toutes les prévisions, qui menace la zone euro et non pas l’inflation. Il serait temps de s’en apercevoir et relancer la machine économique au niveau de l’ensemble des pays de l’Union Européenne. Une relance qui devrait à la fois lutter contre les éclatements sociaux – que l’austérité renforce -, la crise écologique profonde en d&développant les biens communs, les services publics.

Nicolas BENIES.

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