Nouveautés jazz février 1999

Les disques de jazz

Woody Allen : « Wild Man Blues », RCA distribué par BMG.

Le film de Barbara Kopple, au titre éponyme, présentait la tournée de Woody Allen, clarinettiste de jazz dit traditionnel. Le film offrait une vision de Allen tellement proche de ses films, qu’on s’y croyait. La musique n’avait qu’un rôle d’ornement. Ici l’ornement devient le principal. On découvre un groupe encore plus «traditionnel » que nature. Avec une volonté proche de la manie de «coller » à l’original pour en faire une pâle copie. Malgré les imperfections techniques, Jimmie Noone ou Johnny Dodds et plus encore Sidney Bechet – pour parler des clarinettistes – sonnent plus vivants que cet ensemble. Ils jouent une musique morte qu’ils enterrent tristement. Je ne m’attendais pas à ce résultat. Le film m’avait laissé plutôt un sentiment agréable.

Charles Lloyd : « Voice in the Night », ECM, distribué par PolyGram.

Ces derniers temps le saxophoniste ténor, soprano, flûtiste que Michel Petrucciani avait sortir de sa tanière dans les années 1980, suivait un cours «musique planante », pas désagréable, mais pas de quoi se relever la nuit. Pour des raisons indéterminées, il vient de renouer avec ses premières amours. Il fut le saxophoniste des groupes de Cannonball Adderley dans les années 60, groupes de musique »soul ». Cet album, par la grâce de Billy Higgins, batteur au rire communicatif, s’envole dés les premières mesures. Le guitariste, amateur des grands espaces, John Abercrombie y apporte sa sonorité originale tandis que Dave Holland, bassiste de toutes les démesures, fait le lien entre toutes ces individualités. Une réussite.

NB

Paul Bley/Gary Peacock/Paul Motian : « Not two, not one », ECM distribué par PolyGram.

Cette rencontre là, nous l’espérions. Paul Bley, pianiste, avait déjà rencontré Gary Peacock, bassiste – tournant avec Keith Jarrett – plusieurs fois. Ils avaient aimé la même femme, Annette Peacock, compositeure. Ils avaient perdu de vue Paul Motian, batteur qui ne bat pas mais empêche les autres de tourner en rond. Ensemble ils savent abattre toutes les barrières. Ils font penser à tous ceux qu’ils ont influencés. Keith Jarrett en premier. Et ils font penser à eux. Dans leur actualité. Pas deux, pas un mais un, deux et trois pour une musique qui les dépasse et les englobe. Superbe.

NB

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