JAZZ, Sylvain Beuf


Un son de saxophone pour un art de la composition.

beufSylvain Beuf, compositeur, fait la démonstration avec « Plénitude » – un titre justifié par la musique – de sa palette. Il écrit visiblement pour son groupe en prenant en compte les spécificités de ses compagnons, Manu Codjia, guitare, lui aussi atteint par le syndrome « plénitude », Philippe Bussonnet, basse électrique, Julien Charlet, batterie et un invité Laurent Coulondre, piano et orgue. Le saxophoniste ténor et soprano qu’est aussi Sylvain Beuf continue de privilégier le son au détriment quelque fois du rythme. Un son de saxophone qui tient beaucoup de l’école française de cet instrument.
Le compositeur ne se refuse rien. Ni le binaire, ni le rock ni aussi les incursions dans le modal ou les modes de John Coltrane. C’est quasiment un tour d’horizon des musiques que l’on pourrait entendre aujourd’hui, y compris ces fameuses « musiques du monde » si les programmateurs avaient un peu de liberté et n’étaient soumis au régime « il faut faire de l’audience » et satisfaire les goûts du public, un public souvent pris pour des imbéciles.
Dans le marasme économique actuel, Sylvain Beuf a été obligé de créer son propre label, Impro Primo Records à qui on souhaite une longue vie…
Il reste qu’il manque le « je-ne-sais-quoi » qui fait la différence. Pas grand chose. Le plaisir est entier mais on aimerait plus de folie, de lâcher les amarres pour s’envoler vers d’autres cieux…
Nicolas Béniès.
« Plénitude », Sylvain Beuf, Impro Primo Records distribué par Socadisc

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